Il y avait un truc de bien dans Aliens vs. Predator (si si, je vous assure !), c'était la bande-annonce avec un slogan bien trouvé "Whoever wins, we lose", qu'on peut traduire par "quelque soit le vainqueur, nous perdons". Bon, ça rend moins bien en français... Peu importe, ce que je voulais dire, c'est que cette phrase d'accroche plutôt bien sentie s'applique malheureusement à la troisième rencontre de ces deux chanteurs d'exception que sont Russell Allen et Jorn Lande. Qui est le vainqueur de ce troisième et (souhaitons-le) ultime affrontement ? Je ne sais pas... mais une chose est sure, ce n'est certainement pas l'auditeur.
Autant "The Battle" était très sympa (et "The Revenge" sympa), autant ce "Showdown" (tu parles d'une confrontation, j'appellerais plutôt "Letdown" = déception) commence sérieusement à sentir le réchauffé... la panne d'inspiration. Magnus Karlsson, guitariste/compositeur de son état, derrière ce projet depuis ses débuts, se serait-il reposé sur ses lauriers ? On serait malheureusement tenté de répondre par l'affirmative tant tout cela transpire gentiment le pilote automatique.
Après un début plutôt réussi, avec une chanson titre bien épique qui tient ses promesses, le reste ne tient hélas pas la route. Oh bien sûr, Allen et Lande sont toujours des vocalistes fabuleux, et ils font le boulot comme il faut. La production est, comme à l'accoutumée, très léchée, chaleureuse et puissante... Mais tout ça n'a pas d'âme. L'ensemble souffre surtout d'un excès de mollesse, et se traîne péniblement tout au long de ses 61 minutes qui finissent par donner l'impression que l'album en dure bien 90. Les mélodies sont jolies mais déjà 1000 fois entendues, et tout ça sonne trop propre et convenu. C'est bien poli, gentillet... en un mot: lisse.
A priori, assez bien fichu (avec le savoir-faire des protagonistes), ce "Showdown" ne donne aucun frisson... Vous y trouverez tout de même 3 ou 4 chansons agréables, mais principalement des mid-tempos mous du genou qui finissent par tous se ressembler, et beaucoup de ballades lyriques joliment exécutées mais jamais passionnantes. Si les noms Allen et Lande ne figuraient pas sur la jaquette de ce disque, il y a fort à parier qu'on n'en entendrait même pas parler. Dommage...