L'empâté Léonardo di Caprio débarque sur 'Shutter island' accompagné de Mark Ruffalo, son nouveau bras droit au sein du FBI pour lequel ils travaillent tous deux, avec pour mission de retrouver la trace d'une patiente de l'hôpital psychiatrique de l'île qui aurait disparue.
L'île est inquiétante et inhospitalière, balayée par les vents et d'ailleurs bientôt soumise à un terrible ouragan. Au sein de l'asile d'aliénés règne une atmosphère extrêmement hostile. Ben Kingsley, qui le dirige, semble avoir d'étranges secrets et la présence parmi les très (trop ?) nombreux médecins de l'institution de l'Allemand Max von Sydow (l'immense acteur suédois que nous savons, très âgé mais toujours encore actif) amène di caprio à se poser bien des questions.
Ce que personne ne sait, c'est qu'il n'est pas là par hasard : c'est lui qui, ayant fait partie des troupes alliées qui ont libéré les camps de concentration nazis à la fin de la seconde guerre mondiale, s'intéresse depuis quelques temps à cette bien mystérieuse île sous le vent dont il soupçonne qu'elle pourrait cacher d'immondes activités de recherche menées par d'anciens nazis récupérés par les Américains et confinés sur cette île afin que nul ne sache.
'Dieu nous a fait violents afin que nous le soyons en son honneur' lui dit le responsable de la sécurité de l'île, peu après que Leonardo ait réussi à retrouver la trace de la patiente évadée, dont on lui avait dit qu'elle avait déjà été retrouvée et qui en fait court toujours, se cache, se terre afin que les 'chiens de l'enfer' qui lui servent de gardes-chiourmes ne puissent la retrouver.
Et si tout cela n'était qu'apparences et si la vérité était ailleurs sur cette nouvelle île du Dr. Moreau qui tient du croisement entre 'Les diaboliques' d'Henri-Georges Clouzot et 'Les autres' d'Alejandro Amenabar ?
L'incontestable métier de Martin Scorsese, les images (superbes), la musique (tonitruante) et les excellents principaux interprètes du film en font un divertissement de suspense de la meilleure veine, à l'image d'un autre film récent dont l'action se déroule sur une île, je veux parler de' Ghost writer' de l'également aguerri Roman Polanski , deux films pratiquement parfaits, auxquels il manque toutefois un soupçon d'âme, adaptation littéraire obligeant peut-être ou alors une certaine lassitude après tant d'années de métier, allez savoir. Mais les scénarios de ces films sont suffisamment bons pour que nous soyons accrochés quand même et c'est tant mieux : dans un film, rien n'importe plus que l'histoire. Alors laissez-vous bercer par ce conte à dormir debout qui peut-être troublera votre sommeil d'une nuit et fermez les rideaux !