Encore une fois, ce DVD montre que les domaines dans lesquels Claude Lelouch excelle sont les bandes-annonce, les cinq premières minutes du film, et l'interview qui suit la projection. Le reste est toujours aléatoire, affaire de goût, et personnellement, j'aime ce côté pochette-surprise, rencontre avec l'inconnu. Ici, disons qu'il est question d'un oiseau dont on vient d'ouvrir la cage, qui redéploie progressivement ses ailes.
Alors que les thèmes abordés (incarcération, viol, pulsions incestueuses) annoncent un film plutôt noir , il est étonnant de voir à quel point Lelouch parvient à alléger l'ensemble. Soutenu par une musique optimiste de Francis Lai, il esquive les zones d'ombre et, dès que l'atmosphère s'épaissit, change de scène, de décor. On pourrait finalement retourner au réalisateur ce que lui-même reproche à son actrice principale, Catherine Deneuve, à savoir : ne pas laisser sa chance à une émotion profonde et authentique.
Je n'ai pas été conquis par ce film de 1976, en raison de son traitement un peu à l'eau de rose, et de ses nombreuses scènes improvisées, pas assez réussies à mon goût. Ajoutons à cela un personnage de prof insupportable, joué par Francis Huster, reliquat de 68, démagogue plus que pédagogue, qu'on aimerait envoyer dix minutes dans une arène de collège en ZEP, juste pour rigoler. C'est pourtant lui qui hérite de certaines des meilleures répliques, comme :
"Dans la vie, il y a ceux qui jouent le jeu et ceux qui regardent, or les pires emmerdements viennent de ceux qui regardent !"
ou encore celle-ci, opportune par les temps qui courent :
"Comme les femmes, les peuples peuvent pardonner à ceux qui les trompent, mais pas à ceux qui les ennuient."