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Commentaires client les plus utiles
22 internautes sur 22 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Ce disque contient deux choses très différentes,
Par jacqueslefataliste (Albi, France) - Voir tous mes commentaires (TOP 50 COMMENTATEURS) (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Sibelius : Concerto pour violon Op. 47 - Schoenberg : Concerto pour violon Op. 36 (CD)
Du concerto de Sibelius, il existe selon moi des versions plus habitées: notamment celles de David Oistrakh (avec Ormandy ou avec Rozhdestvensky) ou bien, dans un tout autre genre, celle d'Anne-Sophie Mutter avec Previn (d'un expressionnisme que certains jugent excessif, mais qui est passionnant). On ne peut nier néanmoins le charme de la version proposée ici: Hahn et Salonen proposent une interprétation très raffinée et pacifiée qui vise l'équilibre et la pudeur plutôt que l'inquiétude et la violence. On peut regretter un léger manque d'engagement, mais on apprécie la finesse de l'ensemble.Pour ce qui est du concerto de Schoenberg, les choses sont différentes: ce concerto d'une grande beauté (même s'il n'égale pas selon moi celui de Berg, qui est un chef d'oeuvre) est peu enregistré et difficile à jouer. Or Hahn et Salonen en donnent une interprétation absolument idéale: leur finesse et leur raffinement poétique sont ici merveilleusement à leur place et ils facilitent l'accès à cette pièce a priori difficile. On tient donc là une référence majeure. Ce disque juxtapose donc deux choses bien différentes: un concerto connu de tous, enregistré de très nombreuses fois et proposé ici dans une version attachante mais perfectible (Sibelius); un concerto très rarement joué dans une interprétation idéale (Schoenberg). On est donc à la fois émerveillé (par le Schoenberg) et un peu réservé (au sujet du Sibelius). Et cette réserve est augmentée par le fait que ce n'est pas seulement l'interprétation du Sibelius qui frustre un peu, mais aussi le choix de ce concerto qui n'a pas grand chose à voir avec le Schoenberg: j'aurais pour ma part largement préféré que Hahn et Salonen enregistrent le concerto de Berg à la place du Sibelius: on aurait eu là un disque entièrement exceptionnel. Néanmoins, pour l'émerveillement du Schoenberg (qui, d'une certaine façon, se suffit à lui seul), je mets tout de même 5 étoiles à ce disque. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
18 internautes sur 20 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Arnold par Hilary,
Par Denis Urval (Paris, France) - Voir tous mes commentaires (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR) (TOP 10 COMMENTATEURS)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sibelius : Concerto pour violon Op. 47 - Schoenberg : Concerto pour violon Op. 36 (CD)
Heifetz avait refusé de jouer le Concerto op. 36 de Schoenberg (mais se vantait en privé, dit-on, d''être celui à qui Schoenberg avait pensé pour le créer). Cette anecdote résume les malheurs de l''œuvre, que les violonistes hésitent à programmer alors qu''elle requiert un virtuose accompli. C'est en soi une excellente nouvelle qu'Hilary Hahn ait tenu à l''enregistrer, et qu''elle mette ses qualités et sa notoriété au service de ce qui reste une des grandes œuvres du genre, le successeur sériel, monumental et pourtant mélodique des Concertos de Beethoven et de Brahms. Le résultat est à la hauteur des attentes ainsi suscitées. Le plus important dans Schoenberg, à part la grande ligne, est de rendre justice à l''expressivité contenue dans une musique qui n''a rien d''abstrait. Même si par tempérament, elle reste ennemie du pathos, Hilary joue cette musique avec sensibilité. Elle est aidée par Salonen qui va lui aussi dans le bon sens. C''est toujours dans le finale qu''elle se libère le plus complètement, combinant beauté du geste et paroxysme musical.Rappelons qu''on peut toujours entendre le talentueux créateur de l''œuvre, Louis Krasner, dans un concert survolté avec Dimitri Mitropoulos (Orfeo). On ne trouve plus en revanche, la version fervente de Christiane Edinger et Bruno Maderna (Arkadia). Le complément est moins important, à mon avis. Dans l''inusable Sibelius, il y a tant de réussites mémorables ' (chacun a sa liste) et je pense -malgré un style toujours pur et l''animation du finale, qu''Hilary Hahn peut le jouer mieux encore (comme le Beethoven chez Sony, qui n'est pas son dernier mot). C''est le Schoenberg qui fait la valeur de ce disque, et qui nous rappelle sur quelle exigence, sur quelles qualités la réputation de la violoniste est fondée. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
6 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
ICI, UNE SEULE DIVA : LA MUSIQUE ... ET QUELLE MUSIQUE !!!,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sibelius : Concerto pour violon Op. 47 - Schoenberg : Concerto pour violon Op. 36 (CD)
Le ton général des commentaires concernant ce disque est en gros : très belle réussite concernant Schoenberg, mais sentiment nettement plus réservé concernant Sibelius (que tant de `monstres sacrés' ont bordé avec leur personnalité souvent fascinante). Je ne partage pas vraiment cette opinion. Voici pourquoi.La voix est à la défense : je commencerai donc par Sibelius. SIBELIUS Ce compositeur appelle des visions trop souvent réductrices. On exploite souvent l'amour de son pays et de son épopée, le Kalevala, pour en faire une sorte de sous-Richard Strauss boréal. L'âpreté et la construction de fer de ses symphonies, voir de ses poèmes symphoniques qui ne laissent pas dicter leur forme par un récit sous-jacent, est là pour balayer cette conception superficielle. L'homme était anxieux, dépressif : autre clé de lecture. Mais écoutons l'aeuvre écrite au pire moment psychologique, le quatuor à cordes `voces intimae' : certes ce n'est pas un quadrille d'Offenbach, mais ce n'est pas non plus la 4° symphonie de Tchaïkovski ! Originale dans sa forme et sa construction, l'aeuvre a de la retenue et une grande pudeur. Comme le compositeur était violoniste, voilà donc que d'aucuns voudront voir mystérieusement dans notre concerto une partition brillante, méditerranéenne et solaire : fondues les glaces boréales, dissipées les brumes nordiques : place à la chaleur et au soleil vibrant ... et bien entendu à la virtuosité exhibitionniste. Est-ce bien raisonnable, cette vision d'un Sibelius `tout beau, tout bronzé' ? Ne faut-il pas au contraire penser ce concerto dans la continuité d'inspiration du compositeur, qui n'écrivait jamais deux choses semblables (voir les Symphonies...) mais dont toute l'aeuvre est animée par une conception profonde - et jamais par le spectaculaire (sinon dans de rares ouvres de circonstance) ? Je le crois. Il ne faut pas faire de cette partition - extrêmement exigeante pour le soliste - un numéro de haute voltige. Une certaine distanciation s'impose pour assurer la cohérence globale de l'interprétation. Cet idéal est parfaitement incarné par Pekka-Salonen et Hillary Hahn. Pour illustrer mon propos, deux courts exemples (PS - La partition est disponible sur le site d'IMSLP). Mon premier exemple provient du début de l'aeuvre. Sibelius a clairement voulu un début impalpable. L'accord parfait de tonique s'entend en trémolos aux premiers violons divisés avec sourdine et en trémolos opposés aux seconds : ces micromouvements s'annihilent dans l'immobilité de ré mineur. Le violon solo entre (dolce ed espressivo) sur la sous-dominante, légère dissonance immédiatement résolue sur la dominante qui descend aussitôt à la tonique. Ce statisme tonal absolu dans l'aigu des cordes appelle un élargissement très progressif : troisième degré au violon solo (donc toujours l'accord parfait), puis retombée sur la tonique brodée d'un triolet typiquement sibelien, et la mélodie s'ouvre enfin (en mode de ré avec souvent altération mélodique du 4° degré qui donnent une impulsion ascendante à la mélodie) jusqu'à un premier point d'appui marqué sous la forme d'un accent marqué d'un quart de soupir puis de trois doubles croches chromatiques descendantes aboutissant sur une note hors mode ( fa - mi - mib : mesure 23 - Sibelius indique clairement un diminuendo à cet endroit -voir partition). De là, le violon plonge soudain dans le grave (corde à vide de sol) et le chant prend toute son ampleur, jusqu'à la chanterelle. Or, si l'on donne trop de présence, d' « ampleur solaire » à ce début (ce que font tant d'interprètes) on est conduit à traiter cet accent et ces trois doubles croches dans un style quasi `vériste italien', type Leoncavallo, Mascagni ou Puccini de mauvais goût (parenthèse : Puccini est très rarement de mauvais goût, ses interprètes le sont très souvent...). Le drame est que ce passage sert de transition à la grande extension du thème à partir du sol grave ; il ne peut donc que colorer l'écoute que nous en avons (d'autant que son rythme, lui aussi très sibelien, articule complètement cette extension). Dans cette interprétation, le chef et la soliste ont parfaitement compris que ce début devait être aux limites du silence et de l'impalpable, comme une ombre lointaine dans un paysage blanc infini. Il se crée une sorte de distance mystérieuse entre la musique et l'auditeur. Ceci permet de conduire l'agogique décrite ci-dessus en respectant les indications du compositeur de façon à ce que l'accent et les trois doubles croches restent dans le ton donné à l'ouvrage sans apparaître comme un involontaire emprunt à ce que l'époque a pu créer de plus vulgaire. J'avoue avoir entendu de nombreuses interprétations de ce concerto (disque et concert) et avoir souvent souffert à cette mesure 23. Celle-ci est une des rares où ce passage m'ait pleinement satisfait. Il n'est évidemment pas question d'analyser ainsi tout le concerto !!! Il y a selon moi de nombreux pièges esthétiques liés au caractère `méditerranéen' que l'on veut lui donner et qui conduisent à ce type de difficultés. Ici, la complicité du chef et de la soliste y fait face avec intelligence et sensibilité. Mon deuxième exemple est cette curieuse tradition qui veut que l'on alourdisse la rythmique du début du finale, la transformant en sorte de `danse de l'ours' (je ne sais plus quel critique a inventé cette comparaison aussi saugrenue qu'à contre-sens). Inutile de trop en faire ; ce n'est pas Petrouchka, ni Parade, ni l'Alpensymphonie !!! Cette inutile gaucherie que l'on tant de mal à évacuer ensuite est esquivée de manière totalement convaincante tant par le Chef que la soliste. La suite immédiate du mouvement en prend un caractère ailé bien inaccessible aux susdits plantigrades ! Ici également, cela permet de construire une agogique à long terme parfaitement convaincante pour ce mouvement final. IL y a donc, dans l'interprétation de ce Concerto, une vérité de ton et d'expression qui est, selon moi, dictée d'abord par la vision du chef d'orchestre, Pekka-Salonen (bien qu'il s'agisse ici typiquement `un `concerto de soliste'). Sans le traitement ad hoc de la matière orchestrale, les nuances soulignées ne seraient pas possibles. Pour autant, il ne faut pas diminuer le rôle d'Hillary Hahn, mais au contraire la féliciter : ce n'est pas une diva qui vient imposer `sa' conception exhibitionniste de l'ouvrage, mais une musicienne qui s'accorde sur le moindre détail avec le chef d'orchestre pour interpréter UN chef d'aeuvre. Leur travail en commun, certainement long et minutieux, nous livre une vision parfaitement cohérente d'UNE aeuvre extraordinaire et non « un-numéro-de-cirque-où-on-attend-le-soliste-en-se-moquant-des-intentions-du-compositeur », comme dans trop d'opéras italiens ..... SCHOENBERG Schoenberg a toujours été reconnu comme un extraordinaire connaisseur de la musique classique et un enseignant hors de pair. Sa théorie de la tonalité est la plus complète et la plus synthétique qui ait jamais été conçue (voir son ouvrage `Structural Functions of Harmony', disponible sur Amazon et que j'ai commenté- Structural Functions of Harmony). C'est dire qu'il connaissait parfaitement tout ce qui pouvait être exprimé par une aeuvre pour piano, de musique de chambre, pour orchestre ou par un concerto. Son concerto pour violon a été écrit à une époque où humainement, ce juif chassé d'Allemagne laissait entre les griffes des nazis de millions de coreligionnaires, ainsi que beaucoup de ses élèves, dont le préféré (avec Webern) Alban Berg venait de mourir, laissant un désormais célèbre concerto posthume `à la mémoire d'un ange' en deux volets eux mêmes binaires, créé la même année (1936) où Schoenberg écrivait son concerto (qui sera créé en 1940 par le même interprète, Krasner - Jasha Heifetz s'était défilé, n'écoutant que son courage). Un Schoenberg déraciné et sans ressources s'installait en Californie, dans des USA certes accueillants mais profondément conservateurs esthétiquement. Il y retrouvera quelques collègues et un poste d'enseignant universitaire qui lui permettra de vivre modestement mais lui volera un temps considérable pour la composition, l'empêchant notamment d'écrire le 3° acte de son opéra `Moses und Aaron, certainement le plus haut témoignage musical qui soit de la spiritualité juive. Le richissime Stravinski qui habitait à quelques kilomètres ne lui a jamais rendu une seule visite (ce qui n'est pas à son honneur). C'est un miracle de volonté et... Lire la suite › Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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