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8 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Maître et lauréat,
Par Mélomaniac (France) - Voir tous mes commentaires (#1 CRITIQUE au Tableau d'HONNEUR) (COMMENTATEUR N° 1)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sibelius : Intégrale des symphonies (Complete Symphonies) (CD)
A son vaste catalogue, et hormis celle de Neeme Järvi, Deutsche Grammophon ne détient pourtant aucune intégrale des symphonies de Sibelius par un seul chef, ce qui explique certainement le choix composite de cette réédition : 1 à 3 dirigées par Okko Kamu ; 4 à 7 dirigées par Herbert von Karajan.Le premier s'illustra précocement comme violoniste au sein des orchestres de sa capitale natale avant qu'une victoire au "Concours Karajan" en 1969 ne propulse sa carrière de chef alors qu'il n'avait que vingt-trois ans. Cet honneur lui valut aussitôt d'enregistrer la Symphonie n° 2 en 1970 avec le Berliner Philharmoniker pour la prestigieuse étiquette jaune. Le jeune maestro exacerbe le rubato de l'Andante : imposant de fulgurantes accélérations qui mettent les virtuoses cordes allemandes à rude épreuve (3'20-, 7'51-...) La lecture de l'Allegretto est marquée par la tension dramatique, alors qu'une agogique très personnelle dicte la prosodie du Largamente-Allegro moderato. L'interprétation à la fois sereine et désinhibée du majestueux Finale révèle une liberté très romantique. Les Symphonies 1 et 3 furent gravées en 1972 avec l'orchestre de la Radio d'Helsinki. La musique de Sibelius accompagna toute la carrière de Karajan, depuis la 6° Symphonie qu'il avait dirigée en 1938 à Stockholm. Dix ans plus tard, il aborda la 7° lors de ses premiers concerts avec les Wiener Symphoniker. Dans les années 1950, il enregistra à Londres une quasi intégrale des sept opus, moins la 1° et la 3° mais avec deux moutures successives pour la 5° refaite pour la stéréo. Les mêmes micros d'EMI recueillirent un cycle complet à la fin des années 1970 avec le même Berliner Philharmoniker qui livra une prestation luxueuse mais parfois froide à l'oreille. Les plus beaux témoignages sibéliens du maestro se situent ainsi selon moi dans les années 1960 : ceux que nous entendons ici. Les couleurs et textures de l'orchestre allemand se spatialisent généreusement dans l'acoustique de l'église Jesus Christus Kirche : quel délectable moelleux dans le dialogue flûte/pizzicati de l'Andante mosso de la "Cinquième" ; quelle ampleur pour éployer les ailes mordorées de l'Allegro molto qui trouve une des plus majestueuses sustentations qu'on ait entendue ! La conduite rythmique s'appuie sur des cordes aussi souples que précises. Même si l'on regrette que la transition « largamente » se montre un peu trop dominée par l'éclat des trompettes, on ne contredira pas l'opinion d'un célèbre pianiste canadien qui considérait là un disque pour l'île déserte. A contrario d'un Beecham ou d'un Koussevitzky, Karajan estompe le suspense de la "Septième" pour en préserver la développement organique et laisser s'épanouir la continuité de la substance narrative, lustrant le tissu mélodique par le legato et réunifiant la temporalité de cette partition qu'on dit monolithique alors qu'elle rayonne ici telle une aurore boréale. Finesse des contours et un raffinement de timbres inouï comme un aquarelliste qui trouve délicatement sa teinte par superposition de couches transparentes : voilà une version de la "Sixième" à contempler inlassablement... Le coloris s'assombrit pour densifier la tragique "Quatrième" que Karajan modèle pourtant avec une lumineuse noirceur, servie par une incomparable splendeur instrumentale (hautbois/clarinette à 7'40- du « tempo largo » : à couper le souffle...) Une éloquente maîtrise que le compositeur finlandais avait vantée en écoutant la « beauté intérieure » de l'interprétation précédemment gravée avec le Philharmonia en 1953. Sibelius nous livrait là une perspicace clé de compréhension : le perfectionnisme sonore semble la traduction du regard intrinsèquement harmonieux que le maestro salzbourgeois porte à ces oeuvres, et peut-être d'une profonde connivence avec ces farouches paysages musicaux si proches de la nature, si loin des hommes. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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3.0 étoiles sur 5
sibelius,
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sibelius : Intégrale des symphonies (Complete Symphonies) (CD)
belle compilation des symphonies avec une mention pour le dernier mouvement de la 5° le tout pour un prix record
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