Kullervo n'est pas un brouillon précoce des symphonies à venir, c'est une création originale et puissante, alternant moments symphoniques et scènes chorales ou vocales qui évoquent la jeunesse, puis la faute (l'inceste), enfin dans le final le suicide du héros. Osmo Vänskä et son orchestre de Lahti ont une conception très intéressante de cette musique, qui est plutôt réfléchie et imposante que vive et spontanée (pour une vision plus rugueuse et tonique, il faut voir plutôt du côté de Paavo Berglund). Le second mouvement, par exemple, est joué très lentement, ce qui permet de faire entendre à la perfection chaque détail: c'est extrême, mais très beau. Le choeur brille particulièrement dans le final, dont l'effet est ici saisissant. Prise de son superlative de finesse, mais qui exige une écoute dans de bonnes conditions.