Il faut parfois être péremptoire : malgré les mérites de Bernstein, Sanderling, Maazel, Davis et beaucoup d'autres, nous affirmerons haut et fort que ce coffret dirigé par Sir John Barbirolli avec son orchestre de Manchester est l'introduction idéale pour découvrir la musique symphonique de Sibelius.
Le chef anglais a toujours été un spécialiste du compositeur, dont il grava déjà de remarquables enregistrements avec la Philarmonie de New York dans les années 1940.
Vingt ans plus tard, au sommet de son art, il nous livre ici des versions ardentes, lyriques, dramatiques, pour ne pas dire théâtrales. Sous une baguette aussi généreuse, le violent clair obscur s'impose davantage que la nuance, mais sans pourtant jamais trahir l'élan poétique des partitions.
Les passions jaillissent dans un grand brasier expressif, plus romantique que nature mais dont la séduction sonore est absolument irrésistible.
Ecoutez donc la transition entre les deux derniers mouvements de la 2° : un véritable malstrom !
Le souffle épique balaie tout sur son passage, même dans la timide 3° et jusque dans cette 7° volcanique et dantesque.
Les célèbres pièces symphoniques sont là aussi : la Suite de Karélia, la Valse triste, Finlandia, accompagnées de pages moins connues mais tout aussi idiomatiques.
Ne manque à l'appel que Tapiola, chef d'oeuvre naturaliste, que l'on pourra aisément glaner dans d'autres anthologies (on pense à celle de Rosbaud à Berlin).
Les prises de son s'avèrent toutes exceptionnelles d'ampleur et de dynamique.
Bref, aucun prétexte ne subsiste pour ne pas découvrir Sibelius en compagnie de ce généreux coffret !
En sachant que les amateurs aguerris reviennent souvent y chercher leur lot de sensations fortes...