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Siddharta, des talents conjugués, 28 février 2011
Siddharta est un ballet dont la première a été donnée en 2010 à l'Opéra Bastille, Paris. Le chorégraphe Angelin Preljocaj, passionné de culture indienne, signe un magnifique spectacle qui gravite autour de la figure du fondateur du bouddhisme, le prince Siddharta, touché par les malheurs du monde, qui aspire à la purification et au soulagement des affligés. Si vous associez danse contemporaine et agresssion visuelle, ici il faut savoir qu'il s'agit d'autre chose. La scénographie de Claude Lévêque tire constamment parti de la scène immmense de la Bastille mais aussi et surtout le chorégraphe met en valeur toute la grâce et la technique immaculée des danseurs du Corps de ballet de l'Opéra national de Paris. Elégance de Nicolas Le Riche, charme aérien et mystère dans la prestation d'Aurélie Dupont, qui incarne l'Eveil; mais le même esprit se retrouve aussi dans les mouvements de chaque danseur. Evocation frappante de l'épidémie (IV) ; érotisme de la scène de séduction de Siddharta et de son compagnon (XII). Le compositeur Bruno Mantovani (né en 1974), dont l'opéra Akhmatova doit être créé cette saison par l'Opéra de Paris (voir aussi La Sette Chiese. Intercontemporain. ), a écrit pour Siddharta une belle partition. S'il fallait trouver des airs de famille entre celle-ci et des choses connues, on trouverait des affinités avec la musique orchestrale de contemporains comme Magnus Lindberg, mais aussi avec le Sacre du Printemps et dans l'idée, sinon dans le langage, avec la féérie orientalisante de la Péri de Paul Dukas. L'orchestration est très riche, avec un rôle particulier pour les bois (on note aussi l'intervention de la guitare électrique, associée au prince) et cette musique d'atmosphère, qui déploie de vastes nappes en transformation perpétuelle, est très séduisante et toujours en situation. A la tête de l'orchestre de l'Opéra qui retrouve ici le niveau de son enregistrement avec Chung de la Turangalîla Messiaen: Turangalîla-Symphonie, familière de l'univers du compositeur, Suzanna Mälkki donne énergie et éclat à la musique de ce ballet avec ce talent qu'elle a et qu'on aimerait entendre aussi au service du répertoire traditionnel.
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Quelques belles images, mais un ennui abyssal, 23 juin 2011
Oserai-je avouer, au risque de passer pour un grincheux rétrograde, que je ne suis pas du tout rentré dans cette obscure évocation de la vie de Bouddha. Il est certes normal qu'une grande maison comme l'Opéra de Paris passe commande d'½uvres nouvelles, mais je doute fort que celle-ci vienne enrichir durablement le répertoire. Pour le spectateur qui n'aurait pas lu préalablement l'argument du ballet, ce qui se passe sur scène est totalement incompréhensible (ce qui est quand même regrettable pour une ½uvre narrative, qui ne prétend pas exister pour le seul plaisir dionysiaque de la danse). Et si on a lu l'argument, les tableaux prennent un sens, mais n'en sont pas moins terriblement statiques. La partition de Bruno Mantovani est moderne et insignifiante, avec des audaces d'il y a un bon demi-siècle. Les décors sont souvent assez beaux, mais cet énorme balancier noir ou cette maison qui flottent au dessus de la scène, s'ils amusent l'½il, ne participent en rien à l'action. Et les costumes sont globalement assez moches (le casque intégral n'est pas ce qu'il y a de mieux pour danser). Pour le plus important, qui reste la danse, on ne peut que louer les interprètes. Nicolas Le Riche, Aurélie Dupont et tous les autres danseurs font de leur mieux. Mais était-il utile de convoquer d'aussi merveilleux danseurs, quand si peu de moments sont réellement chorégraphiés ? Il y a d'interminables moments où les interprètes ne font que se rouler et se tordre au sol, et où leur fabuleuse technique semble bien inutile. (D'ailleurs, ils ne donnent pas l'impression d'être heureux de ce qu'ils font.) En bref, avec ce type de pensum, la danse me semble être dans la même impasse stérile que la musique dite « classique ». On a ici l'impression d'un art en totale régression, complètement dépassé par l'essor enthousiasmant de la danse jazz, du hip-hop, des danses celtiques, et j'en passe...
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A voir pour l'atmosphère envoûtante de l'évocation, 30 avril 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Siddharta [Blu-ray] (Blu-ray)
Un grand plaisir de voir ce spectacle que nous n'avions pu voir malgré nos places à Bastille, à cause des grèves nationales et sncf par après!
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