Commentaires client les plus utiles
14 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Les Pommes d'Argent, 10 février 2005
Ce commentaire fait référence à cette édition : Silver Apples / Contact (CD)
Dès "Oscillations", le premier morceau du premier album des pommes d'argent, tout est dit : outre ce titre parfaitement choisi, on y entend les modulations d'un étrange instrument, le Siméon, sorte de proto-synthétiseur capable de reproduire simultanément le son de plusieurs instruments ainsi qu'une flopée d'ondes pour le moins étranges : dans les notes de pochette, on y apprend que cet appareil se compose de 9 oscillateurs électroniques et de 86 boutons de contrôle ! ... tandis que Simeon bidouille cet engin, son collègue Danny Taylor s'affaire aux percussions, en total décalage avec ce qui se fait à la même époque : froides, voire martiales et stridentes, elles annoncent avec une bonne décennie d'avance les expériences d'un autre duo de New York, Suicide, ainsi que toute la scène electro des années 80-90. Les textes ne sont pas en reste : répétitifs, surréalistes ou hallucinés, ils sont plus déclamés que chantés par nos deux protagonistes. D'un ensemble apparemment monocorde et répétitif se détachent quelques perles comme "Lovefingers", "Programm", "Dust" ou "Dancing Gods" qui fait subir aux danses navajos de bien étranges mutations électroniques ! Evidemment, le premier album se vendit mal, pratiquement plus mal encore que les disques de son collègue du Max Kansas' City, le Velvet Underground. Il faut dire que les Silver Apples n'avaient rien d'un groupe "Flower-Power" ! Malgré tout, leur maison de disques (Kapp), qui n'avait peur de rien, leur fait graver un second album en 1969 : "Contact", précédé de l'excellent single "Confusion / You and I", qui ne se classe évidemment pas dans les charts (mais qui aurait pu le faire en ... 1979, ou en 1989 !). "Contact" est peut être encore meilleur que l'éponyme premier album : fort d'une intensité quasi-paranoïaque, douloureuse et obsessionnelle, cet album aligne quelques "lovesongs" à l'étrangeté inédite, comme "You're Not Foolin' Me" (écrite par la petite amie de Simeon) qui utilise en continu la sonnerie d'un téléphone pour illustrer l'aspect obsédant de la passion amoureuse. "A Pox On You" et "Gypsy Love", sur le même thème, valent également une écoute attentive, tandis que l'on peut entendre Simeon jouer du banjo sur le sombre "Confusion". L'album se termine sur le caustique "Fantasies", qui vient clore légèrement et avec humour un disque par ailleurs dominé par les tonalités sombres. Evidemment, "Contact" ne se vendit pas plus que son prédécesseur et les pommes d'argent finirent par raccrocher. Puis, s'étant rendu compte de leur influence, le groupe réapparut mystérieusement en 1996 avec un album plutôt décevant. Cet excellent CD propose la réédition en un seul disque des deux premiers albums du groupe. Il va sans dire que c'est donc un CD aussi passionnant qu'indispensable à toute bonne discothèque !
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui
Non
5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Manoeuvre électronique, 7 mars 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Silver Apples / Contact (CD)
Ca me fait vraiment trop mal aux yeux de régulièrement tomber sur les Silver Apples dans mes suggestions d'achat et de voir que ce cd n'est affublé que d'une moyenne de trois étoiles. C'est pourquoi je tiens absolument à lui voir plus d'étoiles. A vrai dire, je n'ai pas grand chose de plus à ajouter à ce que lheuillier a déjà dit dans son excellent commentaire. Mais pour les personnes dont l'idée du rock des années 60 s'arrête aux Who et à Jimi Hendrix, ce qui n'est pas sans me rappeler ce fondamentaliste musical à lunettes noires qui s'est autoproclamé parole d'évangile du rock en France, l'oeuvre des Silver Apples peut effectivement sembler déroutante. La musique des Silver Apples se situait en effet à mille lieux, ou plutôt à neuf oscilloscopes de tout ce qui se faisait en matière de rock à l'époque et il est vrai que leur musique vraiment atypique n'allait pas faire d'eux des icônes surencensées au même titre que ces stars dont le susmentionné monsieur à lunettes noires nous râbache toujours les mêmes noms jusqu'à l'écoeurement. J'ai horreur du terme "séminal", mais s'il existe bien un groupe qui le mérite, ce sont bien les Silver Apples. Avec 86 boutons de contrôle d'avance sur les efforts assez laborieux qui avaient été réalisés jusque là pour faire de la véritable musique électronique, les Silver Apples ont été parmi les premiers à véritablement intégrer l'électronique dans une musique d'essence profondément rock. Le défrichage musical entamé par ce duo n'a cessé de faire des émules, comme Neu!, Can, Suicide, Stereolab, Zombie Zombie ou tant d'autres... Des groupes dont l'héritage musical se mesure à la profondeur des explorations sonores, plus qu'au nombre de guitares brûlées ou de batteries fracassées.
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui
Non
2 internautes sur 13 ont trouvé ce commentaire utile :
1.0 étoiles sur 5
Intéressant mais je n'accroches pas du tout..., 15 mars 2007
Ce commentaire fait référence à cette édition : Silver Apples / Contact (CD)
Je voudrais d'abord réagir sur le commentaire que je viens de lire ci-dessous. Je ne trouve pas du tout que la batterie est "FROIDE" ni même "martial"...Au contraire, le batteur joue avec un feeling presque jazzy, caractéristique des batteurs de rock de l'époque. Bon, c'est pas du Mitch Mitchell et encore moins du Keith Moon mais ça reste un style de batterie trés chaleureux qui contraste justement (et heureusement) avec la froideur du "Siméon".
Globalement, la musique de Silver Apples est assez... Tribale. Simeon ce sert de son instrument plus pour installer un climat sonore que de manière mélodique (à l'exception peut-être du titre "confusion")... En fait, la seule chose vraiment mélodieuse dans cet album, c'est la voix de Simeon. Mais là non plus, ne vous attendez pas à des prouesses, sa manière de chanter est vraiment un compromis entre le language parlé et le chant...Si on peut appeler ça du chant.
Il y'a peut-être quelques rares moments de l'album où Simeon cherche à s'exprimer de manière mélodieuse avec son instrument (comme le "solo" à la fin du titre "Fantasies"...Qui est truffés de fausses notes et de dissonances)... Mais pour la plupart des titres, le Simeon est surtout là pour installer un climat et des effets sonores.
Je trouve qu'il n'y'a que 4 titres qui sortent un peu du lot :
-Oscillations (sans doute la moins ennuyeuse).
-Lovefingers (qui progresse de manière intéressante mais devient ennuyeuse à la longue)
-Program (Simeon incorpore des samples de morceaux de musiques et d'émissions de radio qui donnent leur particularité au morceau. S'il n'y'avait pas ces samples, ce morceau serait d'un ennui terrible.)
-Confusion (morceau qui porte bien son titre. Simeon à samplé un morceau de country avec un passage au banjo et superpose ses samples créant une espèce de country-music un peu bancale et déjantée).
Sans doute une expérience intéressante et innovante à l'époque mais pas grand chose d'harmonieux et d'accrocheur à mon goût.
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui
Non
|