Qui aurait imaginé au moment de sa sortie que ce modeste disque, neuvième volume de la série Perspectives Musicales éditée sur le propre label du groupe, pourrait être le dernier, le testament, le clap de fin ?
En effet, depuis l'annonce de la séparation du couple rock le plus célèbre de tous les temps, ou presque, je parle de Kim Gordon et Thurston Moore, mariés depuis 30 ans et dont la relation a officiellement pris fin en novembre de l'année dernière, le futur du groupe le plus important de tous les temps, ou presque, est plus qu'incertain.
Il ne serait pas étonnant à lire entre les lignes des réponses de Lee Ranaldo que le hiatus actuel se prolonge et que la discographie à venir de l'entité Sonic Youth se réduise à l'exhumation d'enregistrements d'archive, l'édition de coffrets de luxe et autres trucs marketing du genre que j'achèterai quand même, en fan transi . Tragique, mais toutes les bonnes choses ont une fin et ce qui était chaos et poussière redeviendra chaos et poussière.
SYR9 est donc la bande originale du film
Simon Werner a disparu..., que je n'ai pas vu. Comme on peut s'y attendre, il s'agit d'un album instrumental que le groupe nous délivre depuis sa zone de confort, sans se mettre particulièrement en danger.
La plus grande nouveauté réside dans la présence de piano, qui apporte une touche d'originalité au son bien rodé du quatuor et s'intègre remarquablement bien aux compositions.
Contemplatifs ou plus énervés, les morceaux ressemblent plus à des bribes d'idées éparpillées qu'à des compositions bien réfléchies, ce qui donne un côté un peu désordonné à l'ensemble. Pour qui aime le son récent de Sonic Youth l'écoute de ce disque ne manque pas de petits plaisirs disséminés ici et là, plus particulièrement 'Chez Yves', dans le 'Thème de Laetitia', dans les escapades inquiétantes ou dans les bois avec M. rabier.
Les guitares adoptent un son clair cristallin pour faire de la pub aux nouvelles
Fender Jazzmaster et Steve Shelley est égal à lui même derrière ses fûts au son excellent.
Le thème d'Alice pour finir est une longue plage où Jim O'Rourke leur ancien collaborateur vient tenir la basse. C'est à la fois assez chouette, totalement conforme aux attentes des connaisseurs et finalement assez vain.
On peut voir au ton un peu désabusé de cette chronique que ce disque, tout à fait honorable mais aucunement génial, ne me procure guère de grands frissons.
Pas honteux, parfois même assez intéressant, il est peut-être quand même le plus faible de toute la discographie du groupe, complètement inoffensif et dispensable, et fait pale figure à côté d'un
SYR8 abrasif et fou furieux.