Voilà une musique de film vraiment pas comme les autres. Loin des partitions stéréotypées de Hanz Zimmer ou James Horner, c'est avec un inventivité fulgurante, à l'image de l'aspect visuel novateur du long-métrage, que Robert Rodriguez, épaulé par deux maîtres du genre (Revell et Debney) signe cette splendide bande originale. Le schéma est très simple : trois personnages principaux, trois compositeurs, trois parties musicales. Et chaque partie dans son genre possède son identité et donne au film toute sa dimension, à la fois sauvage (les thèmes consacrés à Marv), fougueuse (ceux de Dwight) et désabusée dans sa violence extrême (morceaux pour Hartigan). On est tour à tour effrayé, noyé dans la noiceur infinie du désespoir qui colore le film, mais toujours ébloui par le savoir faire des compositeurs qui ont choisi de donner à Sin City une véritable unicité. Tout comme le long-métrage qu'elle accompagne, c'est un petit chef-d'oeuvre.