Dans cet album, le deuxième du second cycle de la série Sir Arthur Benton, le scénariste Tarek nous raconte l'histoire de ce Coup de Prague, et il le fait dans l'esprit de son suivi de la seconde guerre mondiale au cours du cycle 1 : avec l'intégration de personnages fictifs dans l'Histoire avec un grand H...
C'est très proche des politiques que se déroule l'action (qui n'a d'action que le nom, pourrait-on oser dire), et ce choix, appuyé par une narration très encyclopédique, a ses bons et ses mauvais côtés. Les mauvais sont les suivants : déjà, au niveau du découpage, les transitions entre les vignettes font plus diaporama que film. C'est un peu dommage, mais c'est vrai que le sujet s'y prête moins bien que d'autres. Ensuite, de restreindre le cadre de l'action aux intérieurs des bureaux des politiques nous prive du spectacle, dans la rue, auprès de la population, des conséquences de ces décisions politiques. Il faut dire qu'on a été habitués depuis longtemps, au cinéma, en BD ou dans la littérature, à de très nombreux récits ayant eu lieu pendant les guerres mondiales, mais focalisés sur des destins précis. En s'attelant à raconter l'histoire de ce Coup de Prague, Tarek peut "dézoomer" et aborder son sujet de manière globale : peu, voire aucun scénariste BD, n'a encore traité ce sujet historico-politique précis.
Les bons côtés sont bien sûr l'intérêt à porter à cette bande dessinée historique qui ne cache pas son côté pédagogique, qui nous résume dans les grandes lignes ces choses qu'on sait vaguement mais qu'on n'a jamais étudiées à fond. De cette manière, les auteurs profitent d'un nouveau terrain d'inspiration qui leur permet de produire du sérieux parce qu'ils s'appuient sur des faits réels, tout en jouant de leurs personnages "pièces rapportées" pour donner un maximum de force aux côtés aventure et espionnage du récit.
La seconde partie laisse justement une place plus grande à l'action. Elle voit évoluer la narration, rend les séquences plus dynamiques qu'au début, plus rythmées, et là encore, Vincent Pompetti répond au cahier des charges. Après avoir illustré le cours magistral, il se révèle autant à l'aise dans ces scènes plus vivantes. Son travail en couleurs directes est tout à fait remarquable et ne peine pas à s'inscrire dans la continuité de celui de Stéphane Perger qui avait signé les albums du premier cycle de la série et à qui on associait jusque là machinalement la série Sir Arthur Benton.