Ce tome regroupe les épisodes 508 à 512 de la série mensuelle Uncanny X-Men (UXM) et il fait suite à
Uncanny X-men: Lovelorn.
Madelyne Pryor est de retour et elle a assemblé une équipe 100% féminine dans le but de trouver un corps d'accueil qui soit capable de supporter l'énergie qui la compose. Les membres de cette équipe sont Red Queen, Lady Deathstrike, Spiral; Chimera, Lady Mastermind et Martinique Jason. Il se trouve que le corps choisi a un rapport très étroit avec les X-Men ce qui va déboucher sur un conflit sans pitié.
Pendant ce temps là, les X-Men poursuivent leur installation à San Francisco et leur intégration dans la communauté. Et Hank McCoy a assemblé une équipe chargée de trouver une parade à la mise en latence du gène X : Angel, Madison Jeffries, Yuriko Takiguchi, et Dr. Nemesis.
Matt Fraction continue de bâtir son intrigue à sa manière et c'est bien ce que lui reproche certains fans. Il a abandonné le ton déprimant de la série pour faire des X-Men, un escadron efficace d'individus pris dans leurs conflits intérieurs sans pour autant être dépressifs. Il continue de jongler avec une distribution pléthorique qui laisse peu de cases à chacun. Les X-Men disposant du plus grand nombre de cases sont Colossus, Emma Frost, Nightcrawler, Stepford Cuckoos (Phoebe, Celeste & Mindy), Karma, Wolverine, Pixie, Dazzler et Northstar. Et comme l'annonce la couverture, c'est le grand retour de Psylocke, sous une forme ou sous une autre (c'est vrai que c'est un peu compliqué, bon d'accord très beaucoup compliqué). Il ne faut pas oublier l'apparition de Neena Thurman (Domino) dès la deuxième page. Et il y a bien encore une dizaine d'autres X-Men qui apparaissent le temps d'une case.
Pour aider le pauvre lecteur plus ou moins occasionnel des X-Men (sur les 30 dernières années), Fraction insère dans le cours de l'histoire des infobulles comprenant le nom de superhéros et le pouvoir des principaux mutants (les bons et les méchants) avec une remarque insidieuse.
Le gang de femmes déchaînées semble arriver comme un cheveu sur la soupe au milieu de l'installation à San Francisco. Mais il y a fort à parier que cette incartade prendra plus de sens dans le long terme des plans de Fraction pour les X-Men. Pour autant, j'ai bien aimé cette histoire qui fait intervenir des méchants qui ne sont pas trop surutilisés avec des mutants en pleine forme et des superpouvoirs intéressants. Ce tome se termine par la quête d'Hank McCoy et de son équipe en 1906, complète en 1 épisode. L'action est menée tambour battant, l'équipe semble progresser dans la recherche d'une solution.
Greg Land dessine les épisodes 508 à 511. Ce dessinateur a l'habitude de se servir de modèles photographiques piochés dans des revues de charme pour dessiner les personnages féminins, et c'est bien ce que certains fans lui reprochent. Je comprends que ça puisse en agacer certains, d'autant qu'il éprouve quelques difficultés à respecter les notions de base d'anatomie (hanches trop étroites, poitrines fortement siliconées). Mais, à mon goût, son travail sur ces épisodes se marie fort bien avec l'ambiance de l'histoire et les défauts de son style restent supportables (ou en tout cas pas plus irritants que ceux d'autres dessinateurs traditionnels). En outre, Justin Ponsor fait un travail de mise en couleur qui rehausse les dessins et les complète parfaitement (heureusement parce que arrivé au quatrième épisode, Greg Land n'a plus le temps de dessiner des décors). Le dernier épisode est illustré par Yanick Paquette dans un style plus traditionnel, très détaillé et facilement lisible. Paquette a visiblement effectué avec sérieux ses recherches sur la période : les vêtements et les décors sont très crédibles et le lecteur se retrouve plongé dans les rues de San Francisco en 1906.
Malgré le ton un peu différent de cette histoire du fait de la personnalité affirmée du scénariste et du dessinateur, le lecteur contemple les interventions efficaces, pleines de bruit et de fureur d'une pléthore de X-Men, au sein d'un scénario qui semble aller quelque part (même si seul l'avenir confirmera ou infirmera cette supposition). La suite de la série UXM se trouve dans
Avengers /X-men: Utopia.