Ska-P

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Biographie

Quintet madrilène à ses débuts en 1994, Ska-P est la réunion de quelques loulous de la capitale espagnole ayant tous plus ou moins grenouillé dans les milieux punks, anarchistes et alternatifs. Si le leader et guitariste du groupe, Pulpul (Roberto Ganan Ojea à la ville) est un ancien d'Erotica, le clavièriste Kogote (Alberto Javier Amado), lui, fit ses débuts au sein d'Akropolis dès 1988, les trois autres ayant également joué dans diverses formations lycéennes et étudiantes sans lendemains. De ces rencontres entre squats et manifestations naît Ska-P, un beau bébé vagissant s'inscrivant dans ... Lire la suite

Quintet madrilène à ses débuts en 1994, Ska-P est la réunion de quelques loulous de la capitale espagnole ayant tous plus ou moins grenouillé dans les milieux punks, anarchistes et alternatifs. Si le leader et guitariste du groupe, Pulpul (Roberto Ganan Ojea à la ville) est un ancien d'Erotica, le clavièriste Kogote (Alberto Javier Amado), lui, fit ses débuts au sein d'Akropolis dès 1988, les trois autres ayant également joué dans diverses formations lycéennes et étudiantes sans lendemains. De ces rencontres entre squats et manifestations naît Ska-P, un beau bébé vagissant s'inscrivant dans la longue lignée de l'anarchisme espagnol et puisant ses références culturelles aussi bien chez les grands anciens de la CNT, du Frente Popular ou du POUM que chez les nouveaux altermondialistes préoccupés d'écologie et d'économie solidaire.

L'échappée gagnante

Critiques et énervés, les Ska-P (dont le nom, en espagnol, est un jeu de mot avec l'expression "escape" signifiant "je me suis échappé") le sont dès le départ. Leurs textes stigmatisent une Espagne conservatrice sur laquelle, selon eux, planent encore les mânes du Général Franco. Droit à l'avortement, féminisme, anarchisme, anticapitalisme... sont autant de thèmes qui fédèrent un autour d'eux public alternatif Madrilène croissant, lors de leurs prestations dans les bars et les salles de la capitale espagnole. Seul petite entorse apparente au bréviaire anar bien rôdé des Ska-P: une vénération quasi-mystique pour le Rayo Vallecano, club de football de seconde division qui évolue à pas mal d'encablures de ces bulldozers sportifs que sont le Real Madrid ou l'Atlético (également Madrilène) et pour lequel ils composent un hymne, devenu celui des supporters de l'équipe, « Como Un Rayo». Une chanson qui met très vite le groupe dans l'embarras car certains aficionados du ballon rond chantent leur hymne dans les stades le bras tendu, en arborant quelques symboles franquistes de mauvais aloi. Un premier album, Vamos Rayito, sort en catimini en 1994 et s'écoule principalement en vente directe, à la sortie de leurs concerts.

Maria Juana

En 1995, Ska-P connaît son premier remaniement lorsque Tony Escobar (Yanclas de son pseudo) est remplacé par le Navarrais Jose Miguel Redin Redin qui reprend la guitare de son prédécesseur sous le sobriquet de Joxemi. Un performer, chanteur et ancien roadie, Ricardo Delgado de la Obra, plus connu sous le nom de Pipi, vient également rejoindre Ska-P pour donner plus de vigueur à leurs prestations scéniques. S'il accompagne volontiers Pulpul au chant sur scène, sa principale tâche reste cependant de faire le pitre au second rang afin de dérider le public. La formule marche et le groupe se produit à travers toute l'Espagne à la suite de son premier album, sobrement intitulé Ska-P. Mais c'est surtout la chanson « Cannabis » qui leur vaut la reconnaissance des publics Sud-Américain et Français, car les membres du groupe sont d'ardents promoteurs de la légalisation de l'herbe qui fait rire. Porté par cet hymne en faveur du THC, l'album El Vals del Obrero s'écoule bien au delà des frontières de la péninsule Ibérique, faisant de Ska-P l'un des plus influents moteurs de la « contre-culture » à l'espagnole.

Gonzalez, Blaise...

Eurosis, en 1998, continue à dézinguer à tout va et les Ska-P dégainent leurs colts harmoniques pour tirer sur tout ce que l'Espagne compte, à leurs yeux, de conservatismes à détruire absolument. Tous en prennent pour leur grade, de José Maria Aznar, le leader du Parti Populaire, alors Premier Ministre (leur bête noire absolue), l'Eglise, le Christ, les trafiquants de drogues, et, plus étonnant encore, Juan Carlos d'Espagne lui-même, dont l'image a toujours fait consensus du fait de sa gestion de la transition démocratique en 1974. Au fil de « España va bien », « Simpatico Holgazàn », « Circo Iberico » ou « Kacikes », c'est un son à des années lumières du flamenco andalou qui parvient sur les ondes, offrant de fait une carte postale de l'Espagne où taureaux, danseuses aux yeux de feu et fringants toreros en costumes de lumière n'ont guère leur place. Les aficionados de la corrida ne sont d'ailleurs pas épargné, le groupe avouant sa répugnance pour ce sport. Une vaste tournée en Europe et en Amérique du Sud s'ensuit, celle-ci s'avérant exténuante pour le batteur Pako qui abandonne les Ska-P, remplacé par Luis Michel Garcia Planello (Luismi pour les intimes) en cours de tournée. Si Ska-P n'est pas le seul groupe contestataire de la scène espagnole, il n'en reste pas moins l'un des plus virulents et, désormais, Gato Lopez, le chat punkoïde dont ils ont fait leur animal totem sur leurs pochettes de disques devient une figure récurrente de la culture populaire urbaine en Espagne. Assez proches de l'anarchisme foutraque du réalisateur Alex de la Iglesia, les Ska-P constituent, d'une certaine manière, le pendant musical de l'auteur ravacholesque d'El Dia de la Bestia, incarnant la facette énervée d'une Espagne jusqu'alors vantée pour sa réussite économique et ses plages.

Hasta Pepsi Cola siempre, Commandante

Planeta Eskoria (littéralement "la planète des déchets") sorti en 2000 est bien moins festif que ses prédécesseurs et les Ska-P s'adjoignent une certaine morgue toute castillane pour cet album de la maturité qui les voit tirer à boulet rouge sur le Pape, les entreprises de travail temporaires, la violence faite aux femmes ou la corrida. Certes, ces sujets ne sont guère étonnants venant d'un groupe Ska-Punk (critiquer l'institution papale est même d'un normatif absolu dans la mouvance alternative), mais dans une Espagne encore baignée par le poids des traditions, ce groupe ne passe pas inaperçu et les laudateurs sont au moins aussi nombreux que les détracteurs crachant sur ces zazous n'ayant de respect pour rien. Si l'Oncle Sam fait partie de leurs cibles privilégiées, les Ska-P ont les yeux de Chimène pour Rodrigue concernant certains régimes d'Amérique du Sud pour lesquels la répression policière est entrée dans les moeurs. Sans surprise, ¡¡ Que corra la voz !!  leur album suivant s'inscrit dans la même veine, poursuivant sur la lancée de Planeta Eskoria. Moins drôle, mais plus conscient, l'opus est considéré par les amateurs comme le plus abouti de la carrière de Ska-P même si les fans de la première heure regrettent que l'atmosphère détendue et bon enfant des débuts a laissé la place à une espèce de messianisme de transmission du Bien Immanent un peu ennuyeuse au final car le groupe vient de se heurter au même écueil que nombre de groupes engagés avant eux: à savoir celui du moment où la dénonce devient un business rentable et un leitmotiv lucratif. Une question d'autant plus pertinente que Ska-P se retrouve en 2005 à chanter « Mc Dolàr » (morceau contre la junk food et une chaîne de restauration rapide en particulier) en Argentine... au festival Pepsi Music, dont la célèbre marque de boissons gazeuses est l'organisatrice.

L'hiver sera Chao

Face à ce dilemme, le groupe préfère se séparer en 2003 après un album live, Incontrolable, en promettant toutefois que ce split n'est qu'une passade, permettant aux musiciens de se ressourcer. Si certains comme Pipi ou Joxemi s'attellent à des projets personnels (respectivement The Locos et No Relax), d'autres se contentent d'attendre une éventuelle reformation du groupe. Celle-ci est annoncée sur Internet en 2007 par Pulpul, avant que les Ska-P ne repartent en studio pour les besoins de Làgrimas y Gozos qui sort en octobre 2008. Pas vraiment de surprises dans cet album qui reprend le ton et les revendications des années précédentes, dans des titres aussi significatifs que « Decadencia », « Vàndalo » ou « Los Hijos Bastardos de la Globalizacion » qui se passent de traduction. Revenus aux affaires, les Madrilènes ne manquent pas d'évoquer le Président Français et son célèbre kärcher dans le morceau « La Colmena » où Pulpul s'essaye au chant dans la langue de Molière. Retour sur scène pour l'un des groupes les plus emblématiques de la scène Espagnole qui, à peine le disque dans les bacs, repart prêcher la bonne parole sur toutes les scènes d'Europe et d'Amérique du Sud. Muchos pesos capharnaüm !

Copyright 2014 Music Story Benjamin D'Alguerre

Quintet madrilène à ses débuts en 1994, Ska-P est la réunion de quelques loulous de la capitale espagnole ayant tous plus ou moins grenouillé dans les milieux punks, anarchistes et alternatifs. Si le leader et guitariste du groupe, Pulpul (Roberto Ganan Ojea à la ville) est un ancien d'Erotica, le clavièriste Kogote (Alberto Javier Amado), lui, fit ses débuts au sein d'Akropolis dès 1988, les trois autres ayant également joué dans diverses formations lycéennes et étudiantes sans lendemains. De ces rencontres entre squats et manifestations naît Ska-P, un beau bébé vagissant s'inscrivant dans la longue lignée de l'anarchisme espagnol et puisant ses références culturelles aussi bien chez les grands anciens de la CNT, du Frente Popular ou du POUM que chez les nouveaux altermondialistes préoccupés d'écologie et d'économie solidaire.

L'échappée gagnante

Critiques et énervés, les Ska-P (dont le nom, en espagnol, est un jeu de mot avec l'expression "escape" signifiant "je me suis échappé") le sont dès le départ. Leurs textes stigmatisent une Espagne conservatrice sur laquelle, selon eux, planent encore les mânes du Général Franco. Droit à l'avortement, féminisme, anarchisme, anticapitalisme... sont autant de thèmes qui fédèrent un autour d'eux public alternatif Madrilène croissant, lors de leurs prestations dans les bars et les salles de la capitale espagnole. Seul petite entorse apparente au bréviaire anar bien rôdé des Ska-P: une vénération quasi-mystique pour le Rayo Vallecano, club de football de seconde division qui évolue à pas mal d'encablures de ces bulldozers sportifs que sont le Real Madrid ou l'Atlético (également Madrilène) et pour lequel ils composent un hymne, devenu celui des supporters de l'équipe, « Como Un Rayo». Une chanson qui met très vite le groupe dans l'embarras car certains aficionados du ballon rond chantent leur hymne dans les stades le bras tendu, en arborant quelques symboles franquistes de mauvais aloi. Un premier album, Vamos Rayito, sort en catimini en 1994 et s'écoule principalement en vente directe, à la sortie de leurs concerts.

Maria Juana

En 1995, Ska-P connaît son premier remaniement lorsque Tony Escobar (Yanclas de son pseudo) est remplacé par le Navarrais Jose Miguel Redin Redin qui reprend la guitare de son prédécesseur sous le sobriquet de Joxemi. Un performer, chanteur et ancien roadie, Ricardo Delgado de la Obra, plus connu sous le nom de Pipi, vient également rejoindre Ska-P pour donner plus de vigueur à leurs prestations scéniques. S'il accompagne volontiers Pulpul au chant sur scène, sa principale tâche reste cependant de faire le pitre au second rang afin de dérider le public. La formule marche et le groupe se produit à travers toute l'Espagne à la suite de son premier album, sobrement intitulé Ska-P. Mais c'est surtout la chanson « Cannabis » qui leur vaut la reconnaissance des publics Sud-Américain et Français, car les membres du groupe sont d'ardents promoteurs de la légalisation de l'herbe qui fait rire. Porté par cet hymne en faveur du THC, l'album El Vals del Obrero s'écoule bien au delà des frontières de la péninsule Ibérique, faisant de Ska-P l'un des plus influents moteurs de la « contre-culture » à l'espagnole.

Gonzalez, Blaise...

Eurosis, en 1998, continue à dézinguer à tout va et les Ska-P dégainent leurs colts harmoniques pour tirer sur tout ce que l'Espagne compte, à leurs yeux, de conservatismes à détruire absolument. Tous en prennent pour leur grade, de José Maria Aznar, le leader du Parti Populaire, alors Premier Ministre (leur bête noire absolue), l'Eglise, le Christ, les trafiquants de drogues, et, plus étonnant encore, Juan Carlos d'Espagne lui-même, dont l'image a toujours fait consensus du fait de sa gestion de la transition démocratique en 1974. Au fil de « España va bien », « Simpatico Holgazàn », « Circo Iberico » ou « Kacikes », c'est un son à des années lumières du flamenco andalou qui parvient sur les ondes, offrant de fait une carte postale de l'Espagne où taureaux, danseuses aux yeux de feu et fringants toreros en costumes de lumière n'ont guère leur place. Les aficionados de la corrida ne sont d'ailleurs pas épargné, le groupe avouant sa répugnance pour ce sport. Une vaste tournée en Europe et en Amérique du Sud s'ensuit, celle-ci s'avérant exténuante pour le batteur Pako qui abandonne les Ska-P, remplacé par Luis Michel Garcia Planello (Luismi pour les intimes) en cours de tournée. Si Ska-P n'est pas le seul groupe contestataire de la scène espagnole, il n'en reste pas moins l'un des plus virulents et, désormais, Gato Lopez, le chat punkoïde dont ils ont fait leur animal totem sur leurs pochettes de disques devient une figure récurrente de la culture populaire urbaine en Espagne. Assez proches de l'anarchisme foutraque du réalisateur Alex de la Iglesia, les Ska-P constituent, d'une certaine manière, le pendant musical de l'auteur ravacholesque d'El Dia de la Bestia, incarnant la facette énervée d'une Espagne jusqu'alors vantée pour sa réussite économique et ses plages.

Hasta Pepsi Cola siempre, Commandante

Planeta Eskoria (littéralement "la planète des déchets") sorti en 2000 est bien moins festif que ses prédécesseurs et les Ska-P s'adjoignent une certaine morgue toute castillane pour cet album de la maturité qui les voit tirer à boulet rouge sur le Pape, les entreprises de travail temporaires, la violence faite aux femmes ou la corrida. Certes, ces sujets ne sont guère étonnants venant d'un groupe Ska-Punk (critiquer l'institution papale est même d'un normatif absolu dans la mouvance alternative), mais dans une Espagne encore baignée par le poids des traditions, ce groupe ne passe pas inaperçu et les laudateurs sont au moins aussi nombreux que les détracteurs crachant sur ces zazous n'ayant de respect pour rien. Si l'Oncle Sam fait partie de leurs cibles privilégiées, les Ska-P ont les yeux de Chimène pour Rodrigue concernant certains régimes d'Amérique du Sud pour lesquels la répression policière est entrée dans les moeurs. Sans surprise, ¡¡ Que corra la voz !!  leur album suivant s'inscrit dans la même veine, poursuivant sur la lancée de Planeta Eskoria. Moins drôle, mais plus conscient, l'opus est considéré par les amateurs comme le plus abouti de la carrière de Ska-P même si les fans de la première heure regrettent que l'atmosphère détendue et bon enfant des débuts a laissé la place à une espèce de messianisme de transmission du Bien Immanent un peu ennuyeuse au final car le groupe vient de se heurter au même écueil que nombre de groupes engagés avant eux: à savoir celui du moment où la dénonce devient un business rentable et un leitmotiv lucratif. Une question d'autant plus pertinente que Ska-P se retrouve en 2005 à chanter « Mc Dolàr » (morceau contre la junk food et une chaîne de restauration rapide en particulier) en Argentine... au festival Pepsi Music, dont la célèbre marque de boissons gazeuses est l'organisatrice.

L'hiver sera Chao

Face à ce dilemme, le groupe préfère se séparer en 2003 après un album live, Incontrolable, en promettant toutefois que ce split n'est qu'une passade, permettant aux musiciens de se ressourcer. Si certains comme Pipi ou Joxemi s'attellent à des projets personnels (respectivement The Locos et No Relax), d'autres se contentent d'attendre une éventuelle reformation du groupe. Celle-ci est annoncée sur Internet en 2007 par Pulpul, avant que les Ska-P ne repartent en studio pour les besoins de Làgrimas y Gozos qui sort en octobre 2008. Pas vraiment de surprises dans cet album qui reprend le ton et les revendications des années précédentes, dans des titres aussi significatifs que « Decadencia », « Vàndalo » ou « Los Hijos Bastardos de la Globalizacion » qui se passent de traduction. Revenus aux affaires, les Madrilènes ne manquent pas d'évoquer le Président Français et son célèbre kärcher dans le morceau « La Colmena » où Pulpul s'essaye au chant dans la langue de Molière. Retour sur scène pour l'un des groupes les plus emblématiques de la scène Espagnole qui, à peine le disque dans les bacs, repart prêcher la bonne parole sur toutes les scènes d'Europe et d'Amérique du Sud. Muchos pesos capharnaüm !

Copyright 2014 Music Story Benjamin D'Alguerre

Quintet madrilène à ses débuts en 1994, Ska-P est la réunion de quelques loulous de la capitale espagnole ayant tous plus ou moins grenouillé dans les milieux punks, anarchistes et alternatifs. Si le leader et guitariste du groupe, Pulpul (Roberto Ganan Ojea à la ville) est un ancien d'Erotica, le clavièriste Kogote (Alberto Javier Amado), lui, fit ses débuts au sein d'Akropolis dès 1988, les trois autres ayant également joué dans diverses formations lycéennes et étudiantes sans lendemains. De ces rencontres entre squats et manifestations naît Ska-P, un beau bébé vagissant s'inscrivant dans la longue lignée de l'anarchisme espagnol et puisant ses références culturelles aussi bien chez les grands anciens de la CNT, du Frente Popular ou du POUM que chez les nouveaux altermondialistes préoccupés d'écologie et d'économie solidaire.

L'échappée gagnante

Critiques et énervés, les Ska-P (dont le nom, en espagnol, est un jeu de mot avec l'expression "escape" signifiant "je me suis échappé") le sont dès le départ. Leurs textes stigmatisent une Espagne conservatrice sur laquelle, selon eux, planent encore les mânes du Général Franco. Droit à l'avortement, féminisme, anarchisme, anticapitalisme... sont autant de thèmes qui fédèrent un autour d'eux public alternatif Madrilène croissant, lors de leurs prestations dans les bars et les salles de la capitale espagnole. Seul petite entorse apparente au bréviaire anar bien rôdé des Ska-P: une vénération quasi-mystique pour le Rayo Vallecano, club de football de seconde division qui évolue à pas mal d'encablures de ces bulldozers sportifs que sont le Real Madrid ou l'Atlético (également Madrilène) et pour lequel ils composent un hymne, devenu celui des supporters de l'équipe, « Como Un Rayo». Une chanson qui met très vite le groupe dans l'embarras car certains aficionados du ballon rond chantent leur hymne dans les stades le bras tendu, en arborant quelques symboles franquistes de mauvais aloi. Un premier album, Vamos Rayito, sort en catimini en 1994 et s'écoule principalement en vente directe, à la sortie de leurs concerts.

Maria Juana

En 1995, Ska-P connaît son premier remaniement lorsque Tony Escobar (Yanclas de son pseudo) est remplacé par le Navarrais Jose Miguel Redin Redin qui reprend la guitare de son prédécesseur sous le sobriquet de Joxemi. Un performer, chanteur et ancien roadie, Ricardo Delgado de la Obra, plus connu sous le nom de Pipi, vient également rejoindre Ska-P pour donner plus de vigueur à leurs prestations scéniques. S'il accompagne volontiers Pulpul au chant sur scène, sa principale tâche reste cependant de faire le pitre au second rang afin de dérider le public. La formule marche et le groupe se produit à travers toute l'Espagne à la suite de son premier album, sobrement intitulé Ska-P. Mais c'est surtout la chanson « Cannabis » qui leur vaut la reconnaissance des publics Sud-Américain et Français, car les membres du groupe sont d'ardents promoteurs de la légalisation de l'herbe qui fait rire. Porté par cet hymne en faveur du THC, l'album El Vals del Obrero s'écoule bien au delà des frontières de la péninsule Ibérique, faisant de Ska-P l'un des plus influents moteurs de la « contre-culture » à l'espagnole.

Gonzalez, Blaise...

Eurosis, en 1998, continue à dézinguer à tout va et les Ska-P dégainent leurs colts harmoniques pour tirer sur tout ce que l'Espagne compte, à leurs yeux, de conservatismes à détruire absolument. Tous en prennent pour leur grade, de José Maria Aznar, le leader du Parti Populaire, alors Premier Ministre (leur bête noire absolue), l'Eglise, le Christ, les trafiquants de drogues, et, plus étonnant encore, Juan Carlos d'Espagne lui-même, dont l'image a toujours fait consensus du fait de sa gestion de la transition démocratique en 1974. Au fil de « España va bien », « Simpatico Holgazàn », « Circo Iberico » ou « Kacikes », c'est un son à des années lumières du flamenco andalou qui parvient sur les ondes, offrant de fait une carte postale de l'Espagne où taureaux, danseuses aux yeux de feu et fringants toreros en costumes de lumière n'ont guère leur place. Les aficionados de la corrida ne sont d'ailleurs pas épargné, le groupe avouant sa répugnance pour ce sport. Une vaste tournée en Europe et en Amérique du Sud s'ensuit, celle-ci s'avérant exténuante pour le batteur Pako qui abandonne les Ska-P, remplacé par Luis Michel Garcia Planello (Luismi pour les intimes) en cours de tournée. Si Ska-P n'est pas le seul groupe contestataire de la scène espagnole, il n'en reste pas moins l'un des plus virulents et, désormais, Gato Lopez, le chat punkoïde dont ils ont fait leur animal totem sur leurs pochettes de disques devient une figure récurrente de la culture populaire urbaine en Espagne. Assez proches de l'anarchisme foutraque du réalisateur Alex de la Iglesia, les Ska-P constituent, d'une certaine manière, le pendant musical de l'auteur ravacholesque d'El Dia de la Bestia, incarnant la facette énervée d'une Espagne jusqu'alors vantée pour sa réussite économique et ses plages.

Hasta Pepsi Cola siempre, Commandante

Planeta Eskoria (littéralement "la planète des déchets") sorti en 2000 est bien moins festif que ses prédécesseurs et les Ska-P s'adjoignent une certaine morgue toute castillane pour cet album de la maturité qui les voit tirer à boulet rouge sur le Pape, les entreprises de travail temporaires, la violence faite aux femmes ou la corrida. Certes, ces sujets ne sont guère étonnants venant d'un groupe Ska-Punk (critiquer l'institution papale est même d'un normatif absolu dans la mouvance alternative), mais dans une Espagne encore baignée par le poids des traditions, ce groupe ne passe pas inaperçu et les laudateurs sont au moins aussi nombreux que les détracteurs crachant sur ces zazous n'ayant de respect pour rien. Si l'Oncle Sam fait partie de leurs cibles privilégiées, les Ska-P ont les yeux de Chimène pour Rodrigue concernant certains régimes d'Amérique du Sud pour lesquels la répression policière est entrée dans les moeurs. Sans surprise, ¡¡ Que corra la voz !!  leur album suivant s'inscrit dans la même veine, poursuivant sur la lancée de Planeta Eskoria. Moins drôle, mais plus conscient, l'opus est considéré par les amateurs comme le plus abouti de la carrière de Ska-P même si les fans de la première heure regrettent que l'atmosphère détendue et bon enfant des débuts a laissé la place à une espèce de messianisme de transmission du Bien Immanent un peu ennuyeuse au final car le groupe vient de se heurter au même écueil que nombre de groupes engagés avant eux: à savoir celui du moment où la dénonce devient un business rentable et un leitmotiv lucratif. Une question d'autant plus pertinente que Ska-P se retrouve en 2005 à chanter « Mc Dolàr » (morceau contre la junk food et une chaîne de restauration rapide en particulier) en Argentine... au festival Pepsi Music, dont la célèbre marque de boissons gazeuses est l'organisatrice.

L'hiver sera Chao

Face à ce dilemme, le groupe préfère se séparer en 2003 après un album live, Incontrolable, en promettant toutefois que ce split n'est qu'une passade, permettant aux musiciens de se ressourcer. Si certains comme Pipi ou Joxemi s'attellent à des projets personnels (respectivement The Locos et No Relax), d'autres se contentent d'attendre une éventuelle reformation du groupe. Celle-ci est annoncée sur Internet en 2007 par Pulpul, avant que les Ska-P ne repartent en studio pour les besoins de Làgrimas y Gozos qui sort en octobre 2008. Pas vraiment de surprises dans cet album qui reprend le ton et les revendications des années précédentes, dans des titres aussi significatifs que « Decadencia », « Vàndalo » ou « Los Hijos Bastardos de la Globalizacion » qui se passent de traduction. Revenus aux affaires, les Madrilènes ne manquent pas d'évoquer le Président Français et son célèbre kärcher dans le morceau « La Colmena » où Pulpul s'essaye au chant dans la langue de Molière. Retour sur scène pour l'un des groupes les plus emblématiques de la scène Espagnole qui, à peine le disque dans les bacs, repart prêcher la bonne parole sur toutes les scènes d'Europe et d'Amérique du Sud. Muchos pesos capharnaüm !

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