Plus polissée qu'à ses débuts, Skins n'en demeure pas moins une série décalée et dérangeante. Cette série a toujours permis deux lectures : une lecture superficielle où l'on voit des jeunes gens évoluer dans la vie et disons-le "brûler la chandelle par les deux bouts" et une lecture plus approfondie où l'on voit des jeunes en proie aux doutes et aux cas de conscience de la vie d'adolescents presque adultes.
Il n'est point question de morale dans Skins, mais souvent de mal être, de limites (franchies ou non), de comportement décalé, d'amour(s), de secret et de violence(s). L'espoir, il n'en est jamais question, Cook le résume bien dans le 7ème épisode quand Freddie lui dit "je n'ai pas d'avenir sans cette fille" et que Cook répond "l'avenir on l'emm...de".
Outre l'aspect plus polissé de la façon de filmer, une autre chose me semble diffèrer des premières saisons, c'est justement que cette lecture superficielle n'est plus vraiment possible tant les auteurs ont insisté sur les problèmes de chaque personnage. Cela tient sans doute au fait que le réalisateur s'attache de plus en plus à ce que chaque épisode concerne en particulier un personnage et montre les difficultés auxquelles il se trouve confronté sans que les autres ne soient réellement au courant.
Pour résumer, je trouve que Skins s'américanise (ce qui n'est pas un défaut, je tiens à la préciser) dans la façon dont il est filmé mais aussi dans la façon dont les scénaristes s'attardent désormais bien plus à montrer la cause des "délires" de cette bande de copains, plutôt que les délires eux-mêmes.