Voici donc la toute dernière sensation metal du moment venue de Suisse et incluant un chanteur Français (Ben). Je ne vais pas y aller par quatre chemins: je ne suis pas particulièrement fan de la musique de Sybreed, que tout le monde me décrit comme exceptionnelle.
M'en a-t-on trop parlé, justement, pour que la déception soit si grande ? Je ne pense pas, car certains morceaux m'ont quand même réellement impressionné.
L'album commence par un "Bioactive" excellent ! Un son très lourd, des samples classiques mais qui introduisent parfaitement un climat très industriel, des guitares bien heavy, avec des cavalcades et des riffs syncopés en décalage total avec la rythmique de base (jouissif au possible !), une batterie qui martèle avec une précision métronomique les différents passages de ce titre particulièrement varié. Ce titre fait immédiatement penser à LA référence en matière de "cyber metal" (terme assez pompeux, ce genre de formations pratiquant plus à mon sens du neo-thrash avec des samples): Fear Factory, bien évidemment ! Mais le rythme assez mid-tempo proposé ici, et surtout le chant, font davantage penser au tout premier effort du groupe Mnemic, en plus réussi cependant, le premier jet des Danois m'ayant en effet peu convaincu, contrairement au deuxième album que je vous ordonne de vous procurer !!! Bref, l'album est introduit de fort belle manière par ce morceau très efficace.
C'est malheureusement dès le deuxième titre que le soufflé en metal fondu retombe quelque peu: "ReEvolution", avec son rythme trop lancinant, s'avère particulièrement répétitif et gonflant pour l'auditeur. "Decoy", le troisième titre s'avère cependant être un petit bijou de finesse et de mélodies bien ciselées, où la voix de Ben commence à faire chavirer les coeurs. Mais l'intérêt retombe de nouveau sur l'agaçant "Synthetic Breed", où le son beaucoup trop heavy ne correspond pas du tout à ce type de morceaux assez véloces.
Ce sont en fait les deux plus gros défauts de l'album: le son, qui est certes lourd mais manque malheureusement de pêche, ce qui se ressent particulièrement dès qu'arrive le huitième titre, "Rusted", qui effectivemet nous rouille complètement, tant la production achève de nous assommer. C'est dommage car ce titre est vraiment une réussite. Mais c'est surtout la qualité de l'ensemble qui laisse un goût amer: un titre sur deux est vraiment réussi, et il assez frustrant de passer d'un titre excellent à un autre assez anecdotique. Dommage donc, mais cela n'empêche pas de se prendre quelques claques dantesques par-ci par-là, comme avec le très beau "Next Day Will Never Come" et surtout le géniallissime "Take The Red Pill" (référence à Matrix ?), où le déclage entre riff génial et rythmique de base ultra-plombée est le plus flagrant: monumental ! C'est d'ailleurs mon titre préféré !
Au final, on a donc un premier jet plutôt concluant dans l'ensemble, pas transcendant et encore moins révolutionnaire, mais qui laisse espérer un futur album plutôt réussi, si le groupe fait preuve de plus d'homogénéité en terme de qualité et s'il revoit sa production, en la variant un peu plus.