Un nom de sortie d'autoroute...
Sleater-Kinney se forme à Olympia (Etat de Washington, Etats-Unis) en 1994 sur les bases de deux groupes : Heavens to Betsy et Excuse 17. Corin Tucker, chanteuse et guitariste, officie alors chez Heavens to Betsy, tandis que Carrie Brownstein (également chanteuse et guitariste) fait partie du combo punk féminin Excuse 17.
Ensemble, elles choisissent de former un nouveau groupe, et ne trouvant pas de nom suffisamment évocateur, décident de se nommer Sleater-Kinney, qui n'est autre que le nom d'une sortie d'autoroute locale aux alentours d'Olympia, non loin de Seattle.
Corin Tucker et Carrie Brownstein recrutent très vite une batteuse répondant au nom de Lora MacFarlane. Les trois Sleater-Kinney enregistrent quelques semaines plus tard leur premier album, sans titre, sur le label Chainsaw, qui appartient à Donna Dresch, du groupe Team Dresch. Brut, urgent, laconique et virulent : tels sont les adjectifs qu l'on peut employer pour définir ce premier essai, dans la plus pure tradition « riot grrrl » (pour « riot girl », littéralement « émeute féminine »). Le son et l'attitude de Sleater-Kinney n'est pas sans rappeler des groupes punk rock de filles comme Bikini Kill, L7, Bratmobile ou, très logiquement, Heavens to Betsy.
Sleater-Kinney : un féminisme bruyant mais intelligent
Les propos, politiquement engagés, dénonçant la discrimination féminine avec intelligence, sont aussi provocateurs et sulfureux, ce qui fera pour beaucoup dans la notoriété -locale puis nationale- que connaît le groupe aux Etats-Unis dès ses débuts.
En 1996, Sleater-Kinney sort son deuxième album, baptisé Call The Doctor, qui installe définitivement le trio comme l'une des valeurs sûres du rock féminin. En 1997, Sleater-Kinney quitte le label Chainsaw pour rejoindre le label Kill Rock Stars, et remplace la batteuse Lora MacFarlane par Janet Weiss, qui restera dans le groupe jusqu'à la fin.
C'est au mois d'avril 1997 que sort leur troisième opus, intitulé Dig Me Out. Le disque sera considéré par les fans et par bon nombres de critiques comme leur meilleur album. En 2005 le magazine Spin le classe 24ème meilleur album dans son top 100 des meilleurs albums de rock entre 1985 et 2005...
Sept albums et puis s'en vont
Sleater-Kinney poursuit sa carrière en sortant le 23 février 1999 un nouvel album, The Hot Rock (toujours chez Kill Rock Stars). Très prolifique, le groupe sortira sur Kill Rock Stars All Hands on the Bad One, son cinquième album en mai 2000, puis One Beat en août 2002. Sleater-Kinney s'engage ensuite dans de nombreuses tournés, notamment avec Pearl Jam en 2003...
2005 voit les Sleater-Kinney changer de label pour signer chez le mythique Sub Pop Records. C'est finalement en mai de cette même année que le dernier album du trio paraît. Intitulé The Woods, ce septième disque des filles d'Olympia, produit par Dave Fridmann (ex membre de Mercury Rev et producteur de Weezer, Sparklehorse ou encore Gemma Hayes) sera acclamé par la critique.
Le 27 juin 2006, les Sleater-Kinney annoncent qu'elles souhaitent faire une pause d'une durée indéterminée dans leur carrière, ce qui ressemble à n'en pas douter à une forme de séparation de ce groupe qui reste alors l'un des symboles du mouvement « riot grrrl ».
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