Sleeping With Ghosts est surprenant. Oui surprenant... mais dans un sens vraiment imprévu.
Tout au début, l'attente d'un chef-d'oeuvre semblait justifiée. Rien que le titre nous laissait présager un album aux tonalités romantiques à l'image du magnifique "Without You I'm Nothing". Brian Molko était sensé avoir revêti sa cicatrice d'amoureux meurtri et transi, laissé dans la solitude après l'extase du couple -cicatrice qui exacerbait sa créativité.
Le concept de "fantôme" était très bien choisi pour décrire la fin d'un coupe -ce "nous" qui n'est plus et ce "je" qui a du mal à reprendre sa place dans la vie quotidienne.
Mais l'album en lui-même est dans un état d'esprit totalement différent. Bien que l'on retrouve du Placebo dans le son et dans les mots, il n'y a pas cette petite chose merveilleuse qui faisait la spécificité de la musique placébienne.
L'égoïsme a changé de forme: avant, le groupe composait pour lui, pour exprimer ses sentiments les plus profonds; désormais, il me semble, que c'est surtout pour avoir une récompense quantitative de son talent. "Centerfolds" n'est sur l'album que pour plaire aux fans du Placebo mélancolique. "Second Sight" est une chanson pour les adeptes de "Nancy Boy". Tout est devenu si lisse, juste agréable à écouter, si passe-partout... Je n'ai fait que glisser sur des chansons que j'ai délaissées au bout de quelques écoutes. Trop travaillées, trop d'ajustements inutiles. Une seule, une exception, une petite perle, m'a séduite par la pourriture qu'elle veut exprimer: "Something Rotten".
A présent les reprises.Pixies, Gainsbourg, les T-Rex, Robert Palmer, les Pixies, les Smiths, Depeche Mode. Certes, ces reprises sont bien agréables à écouter, et nous donnerons envie de retrouver Marc Bolan, Martin Gore ou encore Morissey...mais quel gâchis de nous les offrir ainsi, dans une vulgaire édition limitée de "Sleeping with ghosts"!
Public ciblé, sens commercial pointu: Placebo, c'est désormais cela?