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Fort de 3 millions dalbums vendus, Placebo, trio britannique emmené par landrogyne Brian Molko, essaie de conserver son statut dicône des années 90 obtenu grâce au désormais classique "Without You Im Nothing". Etiqueté glam pailleté delectro (comme leurs confrères Suede), le combo, qui a retrouvé la foi rock'nroll grâce à lardeur de Queens Of The Stone Age, livre un quatrième album aux guitares énergiques. Enregistré rapidement (4 mois) à Londres sous la houlette du producteur Jim Abbiss (Unkle, Dj Shadow, Björk, Massive Attack
), Brian Molko & Co gagne donc en efficacité. Quelques trépidantes surprises, un instrumental incisif "Bulletproof Cupid" emballé en moins de 3 minutes, un dub larvé "Something Rotten" et un déluge de cordes "This Picture" bouleversent une formule bien rôdée entre tics à la Bowie (un fan invétéré) et gimmicks new wave synthétiques "English Summer Rain". Porté par la voix inimitable de Brian Molko, Placebo nest plus le trio dadolescents maladroits flirtant avec sa bisexualité en reprenant T Rex, mais un groupe aguerri mixant puissance mélodique et approche romantique avec dextérité.
--Sabrina Silamo
Critique
Avec ce quatrième album, sorti en mars 2003, Placebo place la barre assez haut. Certains pourraient penser que
Sleeping With Ghosts est un album purement « commercial » où l'ami Molko use et abuse de chansons sur son ambiguïté sexuelle. Or, si on enlève cet aspect marketing, on peut s'apercevoir que le groupe a simplement conçu des mélodies tantôt pop-rock qui restent gravés dans l'esprit («
Bulletproof cupid », «
This Picture ») ou des ballades intimistes telles que «
Centrefolds» ou encore «
I'll Be Yours».
Jim Abiss, le producteur de l'album, a réussi à faire assumer aux garçons leur goût des musiques électroniques. Il suffit d’écouter «
English Summer Rain» et
« Something Rotten » pour s’en rendre compte. Son travail ne se cantonne pas à des bidouillages électroniques. Cet album est propre, travaillé, avec une tessiture sonore extrêmement riche. Ainsi, les mauvaises langues pourraient dire que
« The Bitter End », le tube de l'album, est justement trop calibré pour les radios. Ceci nous confirme simplement que les garçons ont une maîtrise de la composition assez pointue ainsi qu'une énergie hors du commun. Seul petit bémol, Molko a parfois tendance à surjouer dans son interprétation, faisant ressortir sa voix haut perchée, ce qui au bout de quatre albums devient à force parfois agaçant.Certes,
Sleeping With Ghosts n'est peut-être pas à la hauteur de leur bijou
Without You I'm Nothing, mais il est certainement l'album de la consécration pour Placebo. Consécration avec le public, et consécration avec les professionnels de la musique.
Béatrice Bessière - Copyright 2012 Music Story