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4.0 étoiles sur 5
Le dernier grand ?, 26 octobre 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Slim Shady LP (CD)
En 1999 quand paraît ce Cd, le rap est un champ de ruines rempli de vrais cadavres (Notorious Big, 2Pac), de clowns qui s'auto-carricaturent (Snoop et ses clones), et de glorieux anciens (Public Enemy, Wu-Tang Clan, NWA, Ice-T, KRS One , Ice Cube, ...), qui quand ils existent encore, sont incapables de sortir un disque intéressant.
Aujourd'hui, le rap est aussi mort que l'essentiel des autres genres musicaux (le folk, le blues, le rock(and roll), la pop, le hard, le reggae, le punk, ...) avec l'essentiel de leurs oeuvres majeures qui appartiennent toutes à un passé plus ou moins lointain.
Et quand on voit les tristes sires qui règnent maintenant sur les charts hip-hop, pas besoin d'être un grand devin pour penser qu'Eminem sera le dernier des grands rappeurs « historiques ».
Paradoxal quand même que ce genre musical issu des ghettos noirs new-yorkais se soit choisi comme dernier empereur un petit blanc white trash sorti des banlieues de Detroit ...
Il faut dire que dans un domaine où la surenchère en tous genres (et pas seulement verbale) est la clef de la réussite, Eminem n'a pas fait dans le détail, s'attirant les foudres d'une multitude d'associations « bien-pensantes », et récoltant par là-même l'indispensable street-credibility en béton armé. Car à part sa fille, Eminem déteste absolument la Terre entière, et ne fait pas dans le second degré pour le faire savoir...
L'idée de génie qui l'a amené au sommet, c'est de se créer un personnage multiforme et schizophrène qui se présente sous trois aspects : Eminem, le rappeur « classique », Marshall Matters (son vrai nom) qui expose impudiquement ses états d'âme, et Slim Shady, le fou furieux qui prend le dessus sur ce disque. Alors habile plan marketing ou approximative réalité, on s'en cogne et ses millions de fans également ...
Sur ce « Slim Shady Lp », on trouve son mega succès « My name is », emmené par un colossal riff de synthé qui s'inspire de ceux des guitares dans le hard-rock, sa « profession de foi » « I'm Shady », ou l'étonnante relecture de l'histoire de Bonnie & Clyde, où cette fois c'est Clyde qui flingue Bonnie et leur enfant...
Le fond sonore est également intéressant, car on retrouve à la production Dr Dre, le Phil Spector du rap. Qui plutôt que d'empiler des couches de synthés, de boucles, de samples et de bruits divers sur toutes les pistes de la console, a mis sur pied une texture musicale froide et minimaliste, qui n'est pas sans rappeler la cold-wave anglaise des 80's ou le trip-hop des Tricky, Massive Attack, Portishead ... Ce qui n'empêche pas Dre d'ajouter sur « Bad meets Evil » d'inattendues et efficaces guitares slide et flamenco.
« Slim Shady Lp » et son successeur, « Marshall Matters Lp » seront les deux oeuvres essentielles du rap au tournant du millénaire et feront d'Eminem une superstar.
Depuis, comme tous les autres, il essaye de faire aussi bien ...
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