Liquid Liquid a été en activité au tout début des années 1980 dans un New York en particulière effervescence musicale, après la gloire mondiale des Blondie et autres Talking Heads, le succès non moins mondial du rap (Afrika Bambaataa, Kurtis Blow etc.), les arrivées plus confidentielles de la "No Wave", de la "Mutant Disco" etc.
De son vivant, le groupe n'a publié que 3 EP, tous repris ici chronologiquement et en intégralité, avec ajouts de morceaux enregistrés à peu près au même moment, ainsi que de cinq titres enregistrés en public par "Liquid Idiot", le groupe qui précéda Liquid Liquid.
La précédente - et première - réédition de ces EP (cf. '
Liquid Liquid') remonte à 1997 et à une initiative des légendaires labels Mo'Wax (James Lavelle) et Grand Royal (Beastie Boys).
La formation est atypique : une rythmique basse-batterie, à laquelle s'ajoutent un percussionniste (marimba etc.) et un chanteur sonnant comme s'il était frais émoulu de l'école de chant "PIL" dirigée par Johnny Lydon. Sur cette base, et avec quelques musiciens additionnels, Liquid Liquid propose divers grooves, parmi lesquels 'Bellhead', 'Lock Groove (In & Out)', 'Push', 'Optimo' (et son rythme de batucada !) et 'Cavern' (1) restent les plus appréciés des DJ et producteurs les plus exigeants.
Avec 23 morceaux pour 65+ minutes, la musique de Liquid Liquid va à l'essentiel et ne se vautre jamais - comme on pourrait craindre qu'elle le puisse, du fait de son caractère souvent hypnotique --, dans la jam session. Mais des remixes (non repris ici) se sont chargés d'étirer certains titres pour allonger le plaisir sur le dance floor !
Les notes de pochettes sont de grande qualité et ce retour en disponibilité de la musique de Liquid Liquid est à saluer. Puisse le groupe, qui s'est reformé à quelques occasions (2003, 2008) pour quelques rares et très attendus concerts, bénéficier de royalties en rapport avec son talent et son influence !
(1) Pompé de manière éhontée, sans être crédité, par GrandMaster Flash & The Furious Five pour leur hit 'White Lines (don't do it)'. Un scandale qui a entraîné la chute du label du groupe.