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5.0 étoiles sur 5
Beauté, simplicité, pureté, 21 novembre 2008
Johnny Borrel, ci-devant chanteur de Razorlight, est sans l'ombre d'un doute l'un des personnages les plus haïs par la presse rock en général. En cause dans cette histoire un ego surdimensionné et des déclarations de jeunesse ultra arrogantes qui, visiblement, quoi qu'il arrive, ne lui seront jamais pardonnées. C'est comme ça. Non, cette intro n'est pas superflue. Car cette défiance des journalistes envers Johnny Borrel est le seul élément tangible permettant d'expliquer pourquoi Razorlight n'est pas considéré, aujourd'hui, comme un groupe majeur, très certainement l'un des quatre ou cinq meilleurs des années 2000. Parce qu'une chose est sûre, si Johnny raconte parfois des conneries, dès qu'il s'agit de musique, avec son groupe, il défouraille sévère !
Après donc un premier album extrêmement prometteur (« Up all night »), qui contenait déjà un bon paquet de chansons majeures (« Golden touch », « Vice », « To the sea »...), après un second CD (simplement intitulé « Razorlight ») parfait, intégralement parfait de A à Z et qui contenait peut-être le plus grand morceau rock de la décennie, l'échevelé et dément « L.A. waltz », le groupe continue aujourd'hui sur sa lancée avec l'excellentissime « Slipway fires ». Etonnamment, malgré toutes ses qualités, certains ont reproché à l'album précédent d'être peut-être à peine assez rock. Le groupe semble donc avoir bien reçu le message : « Slipway fires » est un peu plus musclé que « Razorlight ». Mais un peu seulement : globalement, ce CD est la suite logique de son prédécesseur. On retrouve ici tout ce que l'on aime chez ce groupe, dans une version peut-être encore plus aboutie qu'avant : un talent mélodique très au-dessus de la moyenne, un sens de la dynamique absolument génial (les morceaux montent, descendent, remontent, et finissent par exploser dans tous les sens), un vrai style, très affirmé, la voix de Johnny Borrel, plus belle et plus puissante que jamais, et des guitares, des guitares grandioses dans tous les sens. Si l'on veut, on peut s'amuser à décortiquer l'album chanson par chanson, mais ce n'est même pas vraiment utile tellement ce CD est uniformément excellent. On pourrait parler de la mélancolie de « Wire to wire » et « The house », de l'évidence pop de « Burberry blue eyes » et « Hostage of love », des explosions formidables de « Tabloid lover », « Monster boots » et « Blood for wild blood », de l'intensité dramatique du sensationnel « Stinger », mais non, l'album a été conçu pour s'écouter d'un trait (en plus il est relativement court) et c'est comme ça qu'il prend toute sa force.
Evidemment, le ton du disque est assez grave. Comme on le sait, Johnny s'est fait plaquer par son actrice de fiancée, donc le moins que l'on puisse dire est qu'il n'est pas vraiment d'humeur badine. On lui pardonne néanmoins tant cet album, encore une fois, est excellent. Pourtant, malgré l'ego surdimensionné de son auteur, il n'y a pas ici de concept à la mode, de son grandiose, de mélange de styles ou d'ambitions musicales démesurées. Les onze chansons réunies sur ce CD n'ont rien d'autre à offrir que leur beauté, leur simplicité et leur pureté. Mais avec un talent pareil, c'est énorme ! Alors évidemment, l'effet de surprise causé par le précédent disque est aujourd'hui évaporé, mais une telle constance dans la qualité ne peut qu'impressionner. Bravo les gars, vous venez de sortir l'un des disques de l'année 2008 !
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