En écoutant un disque comme celui là, et en lisant le nom du label qui le sort, on se dit qu'on ne s'est pas trompé de crèmerie :
Alors il y a en vrac : Un petit tricotage simple et mélodique au synthé+nappes appréciable ("Emerald and stone"), un morceau toujours apaisant qui sonne comme du Board of Canada ("Lesser Heaven"), toutes ces ambiances légèrement étranges Lynchienne (pléonasme) qui envahissent la pièce dans laquelle on écoute certains morceaux ("complex heaven", "bone jump"), des accélérations rythmiques qui donne l'impression de foncer dans l'inconnu kubrickien de 2001 (on ne sait pas où mais en tout cas on ne freine pas au fur et à mesure du morceau ("Flint march","2 forms of anger"), un peu de drill'n bass à la Autechre et l'Aphex twin tendance hardcore ("Horse", "Paleosonic", "2 forms of anger" aussi) mais avec la Eno's touch (cette impression de progression, de paysage qui prend de l'ampleur, de zoom arrière...), "Dust Shuffle" et son rythme Big Beat accompagné d'une basse menaçante comme on l'entendait dans la dark jungle des 90's, "Slow ice", "Late Anthropocen", "Invisible" et "Calcium needles" qui sont à écouter les yeux bien fermés (le musicien fait la bande original et notre inconscient ou subconscient fabrique les images qui vont selon lui avec), qui rappellent beaucoup les Ambient works d'Aphex twin, mais aussi "Written,forgotten" qui sonne à mes oreilles comme un paysage de western (surement à cause d'un vague son de guitare en arrière plan), des morceaux uniques (le morceau qui est aussi le titre de cet album) apaisant, expérimentaux, accrocheur car mélodieux, concis (moins de 2 minutes parfois) comme seul B. Eno peut les confectionner.
Bon, ça peut paraitre confus mais une fois plongé dans l'écoute, on se laisse facilement emporter.
Au final, on peut avoir la vague impression du vieux maître qui veut se mettre au niveau de ses disciples/successeurs mais au final, ça ne fait que rendre à César ce qui est à César ou plutôt le retour du vieux singe à qui on n'apprend pas à faire la grimace car s'il y a des réminiscences, elles ne sont pas incompatibles avec un certain plaisir à l'écoute d'un album aventureux et divers.
Encore une fois, mettre ce disque sur sa platine, c'est, une fois le doigt posé sur la touche Play, entendre l'annonce "L'équipage de la Eno-airlines vous souhaite la bienvenue à bord du..."
PS : l'avis de Coin-coin et/ou RedDog me permettra de savoir si j'ai simplement halluciné. :-)