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On pourrait les appeler les Nine Inch Nails du punk. Tout comme NIN, les Offspring ont su utiliser les ingrédients d'un plat qui a fait ses preuves. Prenez des guitares bien grinçantes, faites-les jouer trois accords pas plus, ajoutez des voix d'écorchés vifs et flambez au vitriol avant d'enrober le tout dans une pâte très mélodique. Les singles de
Smash, l'album du succès, passent toujours autant à la radio ("Gotta Get Away", "Come Out And Play", "Self Esteem"). A travers les 14 titres de
Smash, les Offspring nous livrent une vision très incisive, malicieuse et pertinente de l'adolescence. C'est sûrement leur meilleur album. Il a plus de consistance que leurs premiers enregistrements et il est moins mielleux que leurs derniers. Un mariage parfait entre riffs et rage.
--Genevieve Williams
Critique
Du costaud : c’est avec
Smash que Offspring connaît un succès mondial plus que mérité et porte la bannière du rock californien aux quatre coins du monde. Rageur, viril, mais empreint, malgré l’agressivité et le cynisme des textes, d’une bonne humeur typiquement
West Coast,
Smash se distingue par l’humour de sa présentation et par une variété des mélodies qui évite la répétition. De l’infernal
« Self Esteem » au pétéradant
« It’ll Be a Long Time » en passant par le jouissif ska-punk
« What Happened to You? », les morceaux se succèdent sans se ressembler et forment un ensemble cohérent.
Des singles comme
« Gotta Get Away » ou l’irrésistible
« Come Out and Play » (au gimmick entêtant, entre surf-rock et mélodie orientalisante immédiatement identifiables) font un tabac et comptent parmi les grands tubes rock des années 90. Mélange de punk et d’influences metal mâtiné d’une sensibilité pop accusée,
Smash arrive à point nommé : après la hype Nirvana/grunge qui a remis les guitares saturées à la mode et permis le succès d’autres formations à guitare (de Rage Against The Machine à Green Day), le groupe sort le disque idéal au moment idéal. Rééditant – sinon dans l’accomplissement artistique, du moins dans le résultat commercial – le succès colossal de
Nevermind,
Smash s’écoule à 11 millions d’exemplaires dans le monde (1 million en France), devenant l’album indépendant le plus vendu au monde.
Le punk américain ne pouvait rêver de meilleurs ambassadeurs.
Mikaël Faujour - Copyright 2012 Music Story