Aimée Mann écrit des chansons comme personne n'ose plus en faire, aux antipodes d'un folk aride (Alela Diane en tête), des chansons qu'on pourrait, après une écoute hâtive, croire plongées dans le mainstream fm américain et pourtant. Qu'on s'y attarde, et on découvrira un disque rare, un trésor ouvragé qu'on usera jusqu'à la lie, entre pop mélancolique et folk buissonnier ; c'est du bel artisanat, chic et sans fard, à l'image de cette gracile et verte presque quinqua, produit royalement sans toutefois sonner toc. Fucking Smilers, digne héritier du bachelor N°2, est à ranger, tout près d'Either/or d'Elliott Smith. C'est peu dire.