Epatants en 2009 avec l'exubérant
Two Dancers, les Wild Beasts sont revenus en 2011, apparemment domptés, pour un nouvel album nettement moins excentrique. D'apparence beaucoup plus classique, empruntant à une certaine pop 'adulte' à laquelle je n'ai jamais trop goûté des sons de batterie électronique et des synthétiseurs, délaissant en partie les guitares, Smother a de prime abord un gout de déception, voire même, le gros mot est lâché, de compromission. Ce serait pourtant particulièrement injuste de s'en tenir là tant ce disque recèle de palpitantes pépites à l'éclat discret mais durable qui se révèlent à l'auditeur patient et obstiné.
Les mélodies portées par deux voix magnifiques de délicatesse et d'émotion, les arrangements dépouillés, l'instrumentation minimaliste, les textes ciselés nous frappent alors par leur précision, leur attention au détail et leur ineffable beauté.
Dans Smother, aucun véritable de coup de sang, pas de montagnes russes, de crescendos glorieux : tout se joue dans le murmure, dans la nuance, dans l'attente et le désir, nous voilà subjugués, le moindre bruissement, le moindre mouvement est susceptible de causer des émotions fortes, d'entrainer des palpitations, de nous faire chavirer.
J'ai eu l'occasion plusieurs fois d'écouter Smother seul, dans le noir, au milieu du silence et j'ai été frappé par son calme, sa beauté sans tapage et apaisante, son absence totale d'arrogance, à mille lieux de tout racolage, loin des modes. Un disque sûr de sa force et humble, qui ne cherche rien à prouver à personne.
Ce disque n'est sans doute pas pour tout le monde, sous des abords élégants et inoffensifs il n'est pas si facile de le percer à jour et d'accéder à son c½ur vibrant. Pour ceux, comme moi, avec qui il entre en résonance, il est pour cette année 2011 inoubliable.