Voici un petit album instrumental qui pourrait être une compilation de faces B ou de morceaux bouche-trous, a priori un objet dont l'écoute ne serait d'aucun intêret. Même le titre nous repousse, mais il a le mérite d'être unique en son genre. Et pourtant, miraculeusement, le charme opère.
On ouvre ici un coffre au trésor rempli de strass, de papier argenté ou de verroteries ; et c'est notre âme d'enfant qui se réveille. Voici alors des pierres précieuses et autres statuettes en or finement cisellé. L'épée de bois de nos jeux d'enfants devient la fine lame de Cortes, le conquistadore. Ici sont invoqués (ou évoqués) le XVIIème siècle, la civilisation Nazca, la panoplie du viking, les souvenirs d'une ville quittée il y a bien, bien longtemps... ou des cieux de rubis. Nostalgie, naïveté, émotions enfantines dans un esprit proche de l'easy-listening (orgue hammond omniprésent). Les 10 morceaux très courts (la durée totale des titres ne dépasse pas les 30') nous plongent dans une rêveries brumeuse et douce parfois étincelante, sans joie ni peine.
Oui, il s'agit bien là d'un produit de luxe, un objet dont on peut très bien se passer, parfaitement dispensable et qui nous apporte cependant beaucoup de bien être et devient essentiel. C'est le grand paradoxe des disques de FELT et en particulier de celui-ci.