C'est son troisième album studio solo et Joe Walsh le publie en 1974. L'album est attrayant et se veut introspectif, se faisant le témoignage des expériences de l'artiste. Faisant suite à deux disques tutoyant déjà le haut niveau, So What n'échappe pas à la règle de la qualité. Grâce à des compositions très touchantes, au talent d'un line-up renouvelé mais élargi, toujours top niveau, et grâce à la présence d'une chorale étoilée, constituée de Don Henley, de Glenn Frey et de Randy Meisner, les potes « Eagles » (lesquels allaient lui faire les yeux doux plus d'an an après, pour pourvoir au remplacement de Bernie Leadon), Joe Walsh, très affûté artistiquement durant la première moitié des seventies, livre, une fois de plus, un aperçu de ses énormes aptitudes à créer de l'excellente chanson, tout en conservant un son similaire aux disques antérieurs. Certaines peuvent même se voire affubler de superlatifs tant So What est excellent. J'en veux pour témoin Welcome To The Club qui ouvre l'album, qui sent très bon le très bon rock (idem pour Time Out et Turn To Stone, version reprise de Barnstorm et perfectionnée), All Night Laundry Mat Blues, Country Fair, Help Me Through The Night (une belle ballade), et Song For Emma, autobiographique événement qui relate un drame survenu avec le décès de sa fille tuée dans un accident sur le chemin de l'école, la même année. Cerise sur le gâteau : Walsh est toujours aussi doué, technique et efficace (il n'en fait pas trop mais quand il se lâche, c'est à bon escient). Avec la tristesse en plus, c'est plutôt émouvant. Autant de raisons qui m'ont séduites pour un disque bien produit, aux arrangements précis, dont j'ai peine à trouver une piste sans intérêt. Pour qui ne connaît pas le répertoire de Joe Walsh, So What est le meilleur moyen de s'y engager.