Trois belles pièces composent ce disque du compositeur Frédéric Durieux mais deux ont particulièrement attiré mon attention : "Devenir" et "Là, au-delà".
La première est un long solo de clarinette, époustouflant de virtuosité, allié à un dispositif d'électronique musicale qui fait sortir des sons incroyables de l'instrument. Cela pourrait paraître simplement bizarre ou étrange, mais c'est aussi très beau dans les développements des phrases musicales. La partie centrale de cette pièce est bluffante.
La seconde pièce intéressante est "Là, au-delà", qui dégage une très grande énergie mais également une luminosité et une clarté étonnante, sans doute induite par le recours aux tintements des cloches et autres dispositifs percussifs. Composée pour orchestre, cette pièce est très complexe d'un point de vue musical mais se laisse entendre très facilement, même si je ne suis pas trop familier avec les échos atonaux type "Webern" que le compositeur affectionne, et que l'on entend finalement assez peu.
Cette pièce demande une exécution diablement ciselée et à son écoute, on comprend tout de suite pourquoi les œuvres contemporaines ne sont pas jouées par de plus nombreux orchestres. C'est un peu comme si on envoyait un coureur du dimanche aux Jeux Olympiques ! Les compositeurs ont une inventivité dans le traitement du son, qui réclame une catégorie d'athlètes instrumentistes ne pouvant finalement se retrouver que dans des ensembles dédiés à ce type particulier de musique. Dommage pour la musique d'aujourd'hui car des pièces comme "Là, au-delà" méritent vraiment d'être écoutées par plus de personnes. Ce sont les grands classiques de demain.