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Social-écologie [Poche]

Eloi Laurent
4.0 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (1 commentaire client)
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Descriptions du produit

Présentation de l'éditeur

La social-écologie, c'est d'abord une nouvelle grille de lecture des grands problèmes environnementaux, locaux et mondiaux. C'est aussi un nouvel horizon politique. Car les questions écologiques sont devenues des questions sociales. Ce livre met en lumière le rôle fondamental que jouent les inégalités sociales dans les crises écologiques: la richesse excessive et la pauvreté extrême, et plus généralement les inégalités de revenu et de pouvoir, sont responsables de nombreuses dégradations environnementales. Il montre ensuite que ces dégradations ne peuvent se réduire ni à un excès ni à un défaut de développement économique: elles sont surtout la conséquence d'une carence de développement humain et institutionnel. Il montre alors que la démocratie se révèle notre meilleur recours pour faire face aux crises écologiques, à la condition que nous affirmions la centralité du principe de justice et d'égalité. Elle est aussi notre meilleure protection pour affronter les catastrophes écologiques, qui sont marginalement naturelles et réellement sociales. La social-écologie permet de réconcilier les impératifs contradictoires de progrès et de conservation. De mieux comprendre les enjeux écologiques pour mieux les gouverner. Cet essai documenté et engagé est une démonstration accessible à tous et une invitation à l'action. Il porte un message d'espoir: nos sociétés seront plus justes si elles sont plus soutenables; plus soutenables, elles n'en seront que plus justes.

Biographie de l'auteur

Eloi Laurent est économiste et conseiller scientifique à l'OFCE, le centre de recherches en économie de Sciences Po. Il enseigne dans le Master of Public Affairs de Sciences Po, à Stanford University et au Collège des hautes études européennes (La Sorbonne). Il est l'auteur de La Nouvelle Ecologie politique (avec J.-P. Fitoussi, Seuil, 2008).

Détails sur le produit

  • Poche: 230 pages
  • Editeur : Flammarion (23 mars 2011)
  • Collection : ESSAIS
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2081255693
  • ISBN-13: 978-2081255692
  • Dimensions du produit: 21,6 x 13,6 x 2,2 cm
  • Moyenne des commentaires client : 4.0 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (1 commentaire client)
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Par Emerek TOP 500 COMMENTATEURS
Format:Poche
Ce livre a au moins deux mérites. Le premier est qu'il présente au grand public une problématique et des travaux de recherche plutôt réservés, jusqu'à présent, à des sphères initiées : la question des interactions entre écologie et justice sociale. Le second mérite du livre est qu'il s'agit d'une vraie thèse. L'auteur ne se contente pas justement de traiter de la question des inégalités écologiques, il défend l'idée que non seulement les problèmes environnementaux ne sont pas également répartis, mais surtout que la lutte contre les inégalités sociales permet d'améliorer la qualité de l'environnement. Plus précisément, dès lors que l'on distingue pays riches et pays pauvres, la thèse est que « la qualité démocratique a une influence sur la qualité écologique au bas de l'échelle de revenu des nations (pour les pays les plus pauvres) tandis que pour les pays riches, c'est le degré d'inégalité de revenu qui détermine à la fois la qualité environnementale et la qualité des politiques environnementales » (p. 165). La thèse est importante. Alors que, le plus souvent, la question environnementale est mise en rapport avec la question économique et en oublie justement la question sociale, c'est cette dernière qui est ainsi considérée dans sa relation avec l'environnement. En l'occurrence, de même que bon nombre d'économistes mettent en avant la possible compatibilité entre économie et environnement - la fameuse thèse du gagnant-gagnant, loin cependant d'être avérée -, l'auteur voudrait nous convaincre d'un autre gagnant-gagnant : lutter contre les problèmes environnementaux, c'est bon pour la justice sociale ; lutter pour la justice sociale, c'est bon pour la qualité environnementale. Pour ce faire, E. Laurent ne ménage pas sa peine et a déniché une quantité tout à fait considérable de travaux à même d'éclairer son propos, mobilisant d'ailleurs surtout la littérature économique anglo-saxonne. Ce faisant, il fait preuve aussi d'une grande honnêteté intellectuelle car présente aussi bien des résultats empiriques favorables à sa thèse que d'autres qui vont plutôt, voire franchement à l'encontre de celle-ci. Dès lors, il est vrai, on ressort de la lecture de l'ouvrage avec un sentiment mitigé ; non pas quant à la compétence de l'auteur sur le sujet ni de son aptitude à la pédagogie qui sont, l'une et l'autre, grandes, mais vis-à-vis de la thèse elle-même dont la vérification, c'est peu de le dire, n'est pas marquée du sceau de l'évidence.
1) En reprenant le matériau empirique proposé par l'auteur lui-même, il semblerait que l'effet favorable supposé de faibles inégalités joue particulièrement pour un domaine assez spécifique, celui des pertes en biodiversité et de la déforestation. Le lien peut d'ailleurs ici se comprendre assez logiquement. Une situation de pauvreté, notamment dans les pays en développement, incitera tout particulièrement aux prélèvements de ressources naturelles immédiates (bois, prélèvements sur la faune, sol...). Réduire cette pauvreté et les inégalités qui lui sont liées amoindrira de telles pressions. Mais pour les autres types d'impacts environnementaux, la liaison n'apparaît pas avec la même évidence et de fait, les résultats manquent pour véritablement l'assurer, même si l'hypothèse inverse d'une plus grande propension des riches à protéger l'environnement n'est pas davantage corroborée.
2) Vis-à-vis d'un tel sujet, le mode de réduction des inégalités n'est pas neutre. Si, sous nos latitudes, peser sur les inégalités c'est rendre les pauvres un peu plus riches, on se demande alors si cet accroissement de revenus ne se traduira pas par plus de dépenses énergétiques - et donc plus de polluants atmosphériques - et par davantage de déchets. Il sera peut-être répondu qu'en l'occurrence, c'est le fait de croissance du revenu qui serait responsable de l'accroissement de l'impact et non au sens strict la réduction de l'inégalité. Sans doute faut-il considérer cette dernière « toutes choses égales par ailleurs », comme disent les économistes. Certes, mais justement il serait intéressant de voir les contributions respectives des variables de revenus et des variables d'inégalités sur l'impact environnemental. On peut s'attendre à ce que les premières jouent de manière bien plus significative et qu'au contraire l'effet des inégalités soit modéré, sinon insignifiant (sachant que l'effet de la taille de la population et de sa croissance devrait aussi être considéré).
3) La thèse du lien entre démocratie et amélioration de la qualité de l'environnement souffre aussi d'exceptions. L'auteur a l'honnêteté de citer l'exemple de la Chine dont « le centralisme économique permet (...) d'accélérer la transition écologique de l'appareil de production » (p. 156).
4) D'après les analyses dont on dispose (et que cite l'auteur p. 201-202), les politiques en faveur de l'environnement seraient plutôt « régressives » au sens où elles profiteraient davantage aux riches qu'aux pauvres. Il en est ainsi parce que les riches bénéficieraient plus que proportionnellement des effets positifs des politiques et que le coût de ces politiques serait plus spécialement supporté par les revenus modestes (notamment compte tenu d'une part élevée de l'énergie dans le revenu).
Sans remettre fondamentalement en cause la thèse d'E. Laurent et encore moins dénier l'intérêt d'une telle problématique, ces résultats en demi-teinte invitent quand même à une certaine prudence. Surtout, ils doivent instamment nous garder d'une optique suivant laquelle oeuvrer pour l'environnement dispenserait d'agir spécifiquement sur les inégalités sociales, tandis qu'oeuvrer pour la justice sociale dispenserait d'agir spécifiquement sur l'environnement.
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