Alain Soral se définit hors norme(marxiste, chrétien, lepéniste, antisioniste...). Dans un style impertinent, il applique une écriture Célinienne, bien trempée, des propos tapageurs... mais c'est aussi des vérités, des contre-vérités, des banalités, des propos cohérents, une pensée mûrement réfléchie. La seule chose que l'on ne puisse pas dire d'Alain Soral c'est que c'est un inculte car derrières ses propos populaires et pas toujours fondées se cachent un lecteur assidu de Marx, Clouscard, Michéa, Politzer, Wallon,Luckacs et bien d'autres. Marqué idéologiquement(marxiste à l'ancienne), il assume son côté marxiste-nationaliste et "enfonce le clou"(comme le titre d'un livre de Nabe) sur les excès de notre société de consommation, de marchandisation du désir, de libéralisme. En personnage provocateur, arrogant et réellement "hors système"(pas comme certains que je ne nommerais pas) au niveau de la pensée, il perturbe et provoque le lecteur. Il permet aussi d'emmagasiner des connaissances(voir le chapitre sur le cinéma...) et de provoquer des réflexions. D'autre part, ces propos secs, pas très justifiés qui en quelques lignes mettent à mal un auteur ne sont pas vraiment argumentés(voir le cas de Lacan, Truffaut....). Il a aussi beaucoup d'humour dans sa violence comme disait Marcel Rufo de lui, il a un "humour comme brio défensif". En enfant rebelle, très indépendant et libre penseur, le Soral aux avis éloignés de la "pensée unique" à la fois peut vous pousser à la pensée, à approfondir vos connaissances et ainsi admettre votre ignorance ou à jeter votre violence sur lui pour vous protéger, par agacement vis à vis de ces critiques ou de sa personne.
C'est aussi un commentateur d'évènements politiques surprenant. In fine, je dirais que c'est une lecture à conseiller pour tout être humain qui désire "se provoquer" pour penser(pour ceux qui comme moi croient que la philosophie n'est pas que contemplation mais provocation sur soi et sur nos idées).