Présentation de l'éditeur
Sélectionné pour le Prix Senghor du premier roman francophone 2011
Sofar blues pourrait être simplement la délicieuse fresque d'une villégiature libanaise réunissant en été une microsociété bourgeoise - hétéroclite et attachante - installée dans le Grand Hôtel d'Egypte de Sofar, au c ur de la montagne libanaise au milieu des années soixante.
C'est bien plus que cela puisqu'il s'agit d'une naissance.
Celle du premier amour qui, au sortir de l'enfance, va unir la fière Layna au timide Dimitry.
Une mélancolique réminiscence et un charme envoûtant se dégagent de ce roman de Nayla Debs. Ce quelque chose qui reste ancré dans le c ur de chacun lorsque revient en mémoire le temps inépuisable des étés d'enfance...
Par son écriture raffinée, Nayla Debs sonde les abysses du grand amour où se déploie une psychologie du féminin et du masculin déjouant les a priori des plus tenaces. Elle permet à ses deux héros de revivre ces instants magiques de la première rencontre et prolonge le vécu de cet amour dans une vie adulte où la réalité de leur personnalité va prendre le pas sur le rêve.
Avec en toile de fond, un inoubliable Liban.
Biographie de l'auteur
Nayla Debs est attachée au Moyen Orient et, singulièrement, à son Liban natal. Cette géographie du c ur l anime d une grande colère face à ce qu est devenue au fil du temps sa patrie. Un objet politique pantelant, marionnette en sursis livrée en pâture aux jeux des États du monde.
Cette colère viscérale s apaise pourtant dans la pensée d une fleur, d un cactus, d un frangipanier ornant le jardin féérique qui abrite ses rêves au c ur de Gemmayze, au centre de Beyrouth. La rumeur du monde s y évanouit au profit des souvenirs d enfance dont la lente décoction en son âme produit des mots délicats et bientôt un récit venu du fond des âges. En quête de cette temporalité pacifique, Nayla Debs conquiert un champ littéraire où l enfance jaillit dans sa pureté immaculée, sa force, son authenticité, sa spontanéité. Que penser de cette petite Layna faussement féroce parce qu au fond extrêmement sensible, presque masculine pour échapper à l aveu d une féminité débordante, tant abrupte que sensuelle, montrant de la sauvagerie au moment où son c ur lui dicte déjà passion et compassion...
L héroïne rejoint bien évidemment sa créatrice. Laquelle fait vibrer sa vie sur les mêmes antagonismes. Si Nayla Debs a étudié au Collège Protestant français de Beyrouth tout en grandissant à l ombre d un culte chrétien oriental, sans doute en a-t-elle tiré ce paradoxe d aimer autant le dénuement que le faste. Mais, par-dessus toutes les contradictions propres à chacun, ce qui la caractérise le plus profondément, c est son amour de la culture. Un amour qui pourrait être épicurien : manger une figue et un morceau de pain, mais ne jamais déroger à l axe central de son existence, se cultiver.