Le ton est donné tout de suite sur cette nouvelle livraison de Samael : beaucoup plus d'agressivité et de noirceur que sur le précédent CD, "Reign of light". On se rapprocherait davantage d'"Eternal", sorti en 1999 - un album sans lumière. On retrouve des éléments familliers bien sûr : ambiance dark-metal indus, rythmiques qui groovent, interventions de sitar et de mélodies orientales, sons futuristes... mais Vorph a durci sa voix, la batterie est plus présente (moins de programmations) et surtout, on assiste au retour des arrangements de claviers denses, sombres, presque symphoniques par moments - dans des morceaux moins "linéaires" que par le passé. Xy est en grande forme, aussi bien comme clavieriste que comme batteur !
La raison de tout cela ? Le thème de cet album est éminemment plus "politique" que d'habitude. Ecoutez "AVE!" et le single "Slavocracy", regardez le clip de ce single et détaillez le livret (mélange d'images futuristes et de symboles de pouvoir ou de puissance dans l'antiquité greco-romaine): Samael réagit aux dérives fascisantes qui polluent le monde, et la révolte du groupe lui donne un regain d'énergie.
Bon, ce n'est pas du prêchi-prêcha non plus, et c'est la musique qui importe. Les classiques sont déjà légion ("Solar soul", "Promised land", l'excellent "Suspended time", avec l'ex-chanteuse de Tristania, etc.). De plus, l'album ne donne pas cette impression de manque de variété sur la longueur, contrairement à son prédécesseur. Vraiment, un très très bon cru, même si ceux qui voudront découvrir le groupe seront certainement plus à l'aise avec "Reign of light".