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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Une enquête au coeur de la haine de soi !,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Soldier's story (DVD)
" A Soldier's Story", Norman Jewison, 1984, couleur, 96 minutes.Durant l'été 1944, en Louisiane, dans le camp d'entrainement de Fort Neal, arrive, envoyé par Washington pour enquêter sur l'assassinat d'un sergent noir, un certain capitaine Davenport, juriste, diplômé de Harvard, et... le premier officier de couleur qu'on ait vu de ce côté-là du Mississipi. Après la sensation suscitée par son arrivée et quelques blessures d'amour-propre, Davenport va se heurter moins à de la mauvaise volonté déclarée qu'à une apathie, faux-fuyants et dérobades; de plus, il y a tant de suspects (le Klan, bien sûr, le coupable passe-partout, deux officiers blancs qui se sont battus avec le sergent sur les lieux du crime mais, disent-ils, l'ont laissé vivant, et tous les soldats que ce sous-officier "peau de vache" a maltraités, humiliés), que le commandant du camp, de peur d'une explosion raciale, déclare tout franchement préférer étouffer l'affaire. Dans ce microcosme que représente un camp d'entrainement, où paradoxalement on forme des soldats noirs à se battre tout en leur refusant encore de les mener au combat, il y a pour les sous-officiers de couleur qui forment la "charnière" entre les officiers blancs et les soldats noirs, une menace de perte d'identité : on se met à confondre ascension et reniement, adaptation et mimétisme, on se met à haïr dans l'autre, son frère de race, son "trop semblable" ce que l'on a renié en soi. Mais si on échappe à sa propre haine, on se dégoûte de s'être renié. Haines, dégoûts, rancoeurs se conjuguent, se superposent, s'enchevêtrent au point de former un écheveau tel que les responsabilités et culpabilités deviennent inextricables... et communes. La larme qui coule sur la joue du capitaine Davenport à l'instant où son enquête vient d'aboutir est la forte image du gâchis auquel mène le racisme ordinaire... Norman Jewison, qui n'a guère la cote parmi les critiques "autorisés", a réalisé un film excellent de forme et de fond, au rythme soutenu, qui allie habilement enquête et réflexion, tout à la fois vrai divertissement cinématographique et intelligent plaidoyer, sans lourdeurs, facilités ou a prioris, dans une constante beauté plastique et servi par d'admirables acteurs, particulièrement Howard Rollins en capitaine Davenport, Adoph Caesar en sergent Waters, et un jeune Denzel Washington qui, dans le rôle du "private" Peterson, crève déjà l'écran. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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