Ultimes compositions de musique de chambre de Brahms, les deux sonates op. 120 sont des oeuvres d'une profonde beauté. Originellement composées pour clarinette et piano, elles ont été transcrites (par Brahms lui-même) pour alto et piano. Sur le ton de la confidence intime, ces deux sonates nous plongent dans une tendre atmosphère nocturne: Brahms, qui a alors 61 ans, semble ici acquiescer aux tourments comme aux beautés de la vie. C'est à la fois touchant et poignant.
Je possède 8 autres enregistrements de la version pour alto de ces sonates (Pasquier, Talich, Imai, Bashmet, Kashkashian, Mintz, Power, Thorette) et je me dis souvent que celle-ci est peut-être la plus belle et la plus équilibrée: Barbara Westphal et Ursula Oppens y sont à la fois dynamiques et chaleureuses, chantantes et tendues quand il le faut. Un signe qui ne trompe pas: quand j'écoute cet enregistrement, le jeu des comparaisons ne m'intéresse plus vraiment. Le disque est plutôt court, certes (51'27), avec pour seul complément de programme le Scherzo F.A.E., mais qu'importe puisqu'il est si beau?