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13 internautes sur 16 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Beaux épanchements,
Par LD (Paris, France) - Voir tous mes commentaires (TOP 10 COMMENTATEURS) (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Sonates pour violon (CD)
Quelques mots de mise en garde: des trois oeuvres présentées ici, je n'en connaissais que deux, et encore pas si bien que cela. En attendant qu'un connaisseur de ces oeuvres vienne parler ici de la réussite stylistique des versions de ces trois sonates interprétées par Vadim Repin et Nikolai Lugansky, je donne mon avis peu renseigné pour ce qu'il vaut.Ce programme m'intriguait d'autant plus que les oeuvres ne me sont pas familières. La sonate de Janacek, je la connaissais dans la seule version de Vaclav Remes, du Quatuor Prazak (Quatuors à cordes n°1 et 2/ Sonate pour violon et piano, disque en tout point remarquable: voir le commentaire de Denis Urval). Quant à la sonate de Franck, c'est l'interprétation de Kaja Danczowska et Krystian Zimerman que j'ai déjà entendue (Franck : Sonate pour violon - Szymanowski : Mythes). Je ne connais donc pas la version de Gidon Kremer et Oleg Maisenberg (Franck - Sonate pour violon et piano en la maj. / Quatuor à cordes en ré maj.), dont j'ai lu plusieurs fois qu'elle est magnifique. Sans compter que je viens seulement d'apprendre qu'il existe une version historique de Jascha Heifetz et Arthur Rubinstein, qui ne peut qu'attiser toutes les curiosités: Franck sonate. Les deux musiciens ont opté pour un programme contrasté: "C'est parce que la Deuxième Sonate de Grieg représentait une couleur différente qu'ils ont choisi cette oeuvre, plutôt que sa plus populaire Troisième Sonate, pour prendre place entre la vaste perspective de Franck et l'intensité brûlante de Janacek" (notes de pochette, par ailleurs peu pertinentes). Et Repin de qualifier Grieg de "Mozart du 19ème siècle", à l'écriture naturelle et directe. Si l'on n'est pas plus convaincu que cela par la comparaison, on peut en revanche trouver qu'ils jouent cette oeuvre de façon assez lumineuse, sans pour autant être primesautiers. C'est dans les autres oeuvres, que l'on connaît un peu mieux, que l'on trouvera quelque chose à redire. Non pas que le timbre des instruments ne soit pas beau et que leur mélange ne se fasse pas, car sur ces deux plans la réussite est grande. Le Guarneri de Vadim Repin sonne toujours aussi bien, et Lugansky est à son affaire partout, capable de maints traits subtils même s'il est parfois un peu gras et insistant. Mais pour reprendre les termes de l'ami Denis Urval, "ici « violon russe » rime avec vibrato insistant et larme à l'oeil" (cf. son commentaire sur l'Intégrale des Sonates pour violon et piano vol.1). Dans Franck en particulier, il me semble que les épanchements, quelle que soit leur beauté, sont un excédent de bagage et qu'ils ne servent pas au mieux une Sonate qui a tout à gagner si le violoniste ne fait pas vibrer la corde sensible au-delà de ce qu'exigent les sentiments exprimés. Alors entendons-nous bien. Je répète que je n'ai que peu de points de comparaison, et même si je peux d'instinct préférer Vaclav Remes dans le Janacek ou Zimerman dans le Franck, je ne veux absolument pas accabler ce disque. On tient bien là deux instrumentistes de haute volée, dont la sonorité est aussi épanouie que complémentaire et est captée par une prise de son assez aérée et naturelle. Et s'il me semble qu'il y a là un trop-plein de sentimentalité, elle n'est en aucun cas débordante. Ce très beau disque plaira d'autant plus que l'on aime son violon non seulement capiteux mais aussi passablement pathétique. Ce n'est pas faire injure à Vadim Repin, que j'admire grandement, que de le dire pour éviter les déconvenues éventuelles (surtout dans la Sonate de Franck). Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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