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Songs for Drella
 
 

Songs for Drella [Import]

Lou Reed, John Cale Cassette
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Détails sur le produit

  • Cassette (13 avril 1990)
  • Format : Import
  • Label: Warner Bros / Wea
  • ASIN : B00000EYQO
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Drella, un mélange de Cinderella et Dracula, était le surnom que Lou Reed avait donné à Andy Warhol, l'énigmatique artiste manipulateur, inventeur du quart d'heure de célébrité. Sorti en 1990, trois ans après la mort de Warhol, Songs For Drella raconte en chansons la vie de ce personnage central du New York des années 70/80. Reed et Cale, anciens frères ennemis au sein du Velvet Underground, dressent ici un portrait tendre mais honnête de leur ami disparu, évoquant au passage ses obsessions et ses petits travers. Des origines ("Smalltown") aux débuts de la Factory ("Open House"), de la passion pour les superstars ("Starlight") aux complexes et aux jalousies ("Faces And Names"), le Warhol qui émerge de ces instantanés est d'une touchante humanité. L'ambiance, créée par le timbre grave de Reed et le piano de Cale, tient plus du cabaret allemand que des paillettes de Broadway... Gageons que Warhol l'aurait trouvée par trop classieuse et pas assez flamboyante pour lui ! --Isabelle Chelley

Critique

En 1987 meurt Andy Warhol, inventeur du pop-art et maître de la Factory, temple des arts subversifs et décadents qui a accueilli le Velvet Underground à la fin des années soixante. Lou Reed et John Cale lui doivent tout, lui qui a produit leur premier album, mais ce n’est pas pour autant que l’hommage qu’ils lui rendent dans Songs for Drella (Drella étant le surnom de Warhol) va de soi, tellement les conflits ont marqué les rapports de ces trois artistes.

Warhol abandonne ainsi le Velvet après le premier album alors que Lou Reed vide John Cale à la suite du deuxième. Pourtant, les deux hommes savent mettre de côté leurs rancunes du passé, au moins le temps de composer à deux, au piano, à la guitare et au violon, cette délicate élégie funèbre, plus bel hommage qu’ils puissent rendre à leur mentor . Tout Warhol est là et avec lui, tous les personnages de la Factory que Lou Reed avait déjà peint dans son hit « Walk On The Wild Side » : on y retrouve donc Billy Name, Ondine, les Turtles ou « Ingrid, Viva, Little Joe et Edie S. » dans « Starlight », rappel de l’extraordinaire énergie des acteurs de cette aventure collective sous la caméra innovatrice de Warhol qui filme jusqu’à l’épuisement les rues de New York remplies de « gens réels ». Evocation encore du rapport du maître aux « Images » qu’il faut sans cesse revoir, répéter, reproduire, sans se préoccuper d’une quelconque technique, affirmation que John Cale reprend à son compte sur « Trouble With Classicists » où il fait la peau des peintres qu’ils soient classiques, impressionnistes ou juste préoccupés d’eux même , avant d’affirmer dans une diction digne d’un rap nerveux qu’il leur préfère les mômes des banlieues qui graffitent les murs avec leur technique primitive, véritable ode à l’école de la rue. Les deux musiciens ont retenus les leçons du génial plasticien : tout est affaire de travail, « le travail et uniquement le travail » dans « Work » où Lou Reed avoue qu’à une question de Warhol sur le nombre de chansons qu’il avait composées, il avait menti en disant dix (au lieu de zéro) avant de se voir répondre qu’il aurait du en écrire 50 pour la seule raison qu’il ne restera pas jeune éternellement. On retrouve toute sa philosophie aussi sur « Style It Takes » et sa citation du Velvet Underground, groupe élu car il « a un son à lui et moi, j’ai de l’art à faire ».

Evocation aussi du parcours de leur mentor, des rues de la petite Pittsburg (« Smalltown ») où mieux vaut ne pas être « bigleux, pédé, plein d’acné et grassouillet » à l’inéluctable fuite vers New York, du quotidien de la Factory où l’on boit aussi du thé (« Open House ») jusqu’à sa fermeture dans le déchirant « Slip Away », morceau ou Lou chante tous ses espoirs envolés et le grand vide qui suit la remise des clefs.

Plus on avance, plus l’âme des deux anciens du Velvet est mise à nu : regrets éternels de ne pas avoir su comprendre Warhol, de ne pas avoir été assez présent lors des moments difficiles (l’attentat commis sur lui par Valérie Solanis dans « I Believe »), aveux de leur ingratitude enfin dans « It Wasn’t Me ».

La musique peut rappeler les sons du passé avec les très velvetiens « Forever Changed » et « Faces and Names » chantés par John Cale, qui au passage évoque frontalement ses rapports avec Lou Reed dans le texte parlé « A Dream », mais c’est tout en douceur que se termine l’hommage avec le sublime « Hello It’s Me » dans lequel Lou s’adresse directement à celui à qui il doit tant pour une confession émouvante (« je suis désolé d’avoir douté de ton bon cœur ») qui s’achève sur ce surprenant regard sur eux-même avec ce « Bon, Andy, il faut qu’on y aille/ J’espère que d’une façon ou d’une autre, tu apprécieras ce petit hommage/ Je sais qu’il a tardé à venir mais c’est le seul moyen que je connaisse/Salut, c’est moi/Bonne nuit, Andy ».



Thierry Gaydon - Copyright 2012 Music Story

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12 internautes sur 12 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 retrouvailles au sommet, 26 janvier 2005
Par 
earthlingonfire - Voir tous mes commentaires
(TESTEURS)    (TOP 50 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Songs For Drella (CD)
Après le décès d'Andy Warhol en 1987, The Brooklyn Academy of Music and The Arts At St Ann's passe commande à Lou Reed et John Cale d'une oeuvre originale. Le cycle de chansons qui en résulte est interprété par les deux anciens membres du Velvet Undeground seuls en public puis enregistré en studio et publié en 1990. Il est clair que Lou Reed, dont les albums précédent (New York, 1989) et suivant (Magic & Loss, 1992) sont également des cycles que Reed interpéta sur scène tels qu'enregistrés, a gardé la haute main sur le projet, comme Cale l'écrit lui-même dans le livret. Le sujet offre à Reed une excellente occasion d'exercer son réalisme minimaliste. Les chansons sont des vignettes évoquant différents aspects de la personnalité de Warhol et son histoire personnelle. Il évoque ainsi ses origines provinciales (Smalltown), son obsession (un peu incantatoire ?) pour le travail (Work, où la rupture est présentée sur un mode assez personnel : "I fired him on the spot" comme si Warhol avait été l'employé de Lou Reed...), l'éthique du spectateur irresponsable derrière laquelle il se cachait (It Wasn't Me) ou la tentative d'assassinat dont il fut victime (I Believe). L'album se conclut sur une chanson particulièrement émouvante, Hello It's Me, où Reed évoque ces rencontres occasionnelles et distantes avec quelqu'un qui a été un ami. Les chansons chantées par Cale sont remarquables et correspondent à des moments moins directement descriptifs et plus poétiques. Les musiques, toutes à une guitare électrique et un clavier ou alto, créent une ambiance sonore unique, recueillie et mystérieuse. Un des disques les plus beaux et marquants de la fin des années 1980.
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5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Flamboyant, 14 décembre 2007
Par 
Ce commentaire fait référence à cette édition : Songs For Drella (CD)
Je ne sais pas qui est Isabelle Chelley, ni d'où elle vient, mais une chose est certaine, elle n'a pas vraiment écouté cet album. Tout au plus l'a-t-elle survolé pour pouvoir affirmer qu'il est plus proche du cabaret Berlin que du New York des années 70. Il est vrai que Lou REED et John CALE ne maîtrisent pas leur sujet !
Non, il s'agit du pièce maîtresse, très minimaliste certes, mais Warhol ne travaillait-il pas ainsi ? En tout cas un hommage à une époque, à une grande figure de cette époque, à une ville et un mode de vie perdu, par deux grandes pointures de la musique Rock.
C'est décalé et expérimental, mais en cohérence totale avec le sujet, car très électrique. C'est un excellent album qui n'a rien à voir avec Broadway, car Warhol n'a rien à voir avec Broadway.
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2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 oraison funèbre digne et majestueuse, 4 août 2011
Par 
philb - Voir tous mes commentaires
(TOP 500 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Songs For Drella (CD)
Ce chef-d'oeuvre de l'histoire du rock (mais est-ce encore du rock?), publié en 1990, inaugure le genre peu usité de la biographie musicale. Il s'agit ici de retracer en chansons la vie d'Andy Warhol, le père du pop art, artiste majeur du XXème siècle décédé trois ans auparavant. Les mieux placés pour entreprendre cet hommage sans précédent étaient inévitablement Lou Reed et John Cale, les deux poètes et musiciens new-yorkais ex-membres du Velvet Underground, que Warhol produisit en 1967 alors que personne ne croyait en eux. Le premier album du groupe (avec la fameuse banane) porte d'ailleurs le nom d'Andy Warhol sur la pochette. Celle de "Songs for Drella" (surnom de Warhol, né de la contraction entre Cindarella et Dracula, qui illustrait la double facette de l'artiste, à la fois doux et cruel) est bien à l'image de son contenu: une oraison funèbre, austère et élégiaque, avec Reed à la guitare et Cale aux claviers (les deux musiciens se partageant le chant). Chaque morceau est un flash de la vie de Warhol, qui évoque à la fois l'homme, l'artiste, l'ami de Reed et Cale, à travers quelques traits de sa personnalité et certains événements de sa vie, avec différentes options narratives. Parmi les grands moments de ce chef-d'oeuvre absolu, on retiendra "Small town", qui évoque l'enfance marginale et complexée de l'artiste, "Open house", qui insiste sur le besoin affectif et la fragilité de l'homme, ou encore "Style it takes", sommet d'émotion, où John Cale évoque la rencontre entre le Velvet Underground et Andy Warhol, et le moment où le père du pop art usait de ses relations pour faire connaître le groupe. On remarquera également "Starlight", "Trouble with classicists" et "Images", où il est question de la conception de l'art du génie tchécoslovaque, ou encore "A dream", morceau hallucinant qui met en scène un rêve fait par Warhol peu de temps avant sa mort. Enfin, difficile de retenir ses larmes en écoutant la chanson finale, "Hello it's me", exécutée par un Lou Reed en état de grâce, où les deux artistes disent adieu à leur mentor, refermant définitivement une page essentielle de leur histoire et enterrant du même coup leur jeunesse... Au revoir, Andy... Bravo et merci John et Lou...
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