Une atmosphère pesante, un riff lourd, une voix qui hurle des mots incompréhensibles comme rendus inaudibles par la souffrance, voilà l'entrée. My Dying Bride réussit toujours des entrées de disque incroyable, des petites portes qui s'ouvrent sur un univers vertigineux. Ce disque ne fera pas de révolution dans leur style, mais c'est sûrement celui dont la production est la plus propre (pas synonyme de la meilleure, mais ça colle parfaitement au disque). Le disque se veut un peu plus posé que ses deux magnifiques prédécesseurs. L'artwork est très beau et illustre parfaitement cette beauté déchue, cet entrelacement de morbide et de beau. Une pochette comme un tableau qui dirait: "voilà ce qu'est My Dying Bride". Un album noir, très profond, qui vous promet de sombrer avec lui et ses paroles. La lumière ne peut être que dans le désespoir, lui qui est la seule lucidité...Parmi les titres du disque, il y a bien sûr le somptueux "My wine in silence", l'essence du spleen amoureux, dont vous pourrez retrouver un passage dans "Evinta". Tous les titres sont excellents, et s'il n'y a pas de réel changement, on remarquera quand même que dans chaque disque de MDB, les constructions des morceaux et les enchaînements sont très travaillés et différents, même dans les sons utilisés, comme une exploration lente et délicate des possibilités offertes par leur univers de brume.