S'il constitue le fantasme ultime du gamer-cinéphile, Heavy Rain n'a surtout rien à envier aux polars les plus sombres.
Difficile de donner une meilleure idée de l'ambiance globale du jeu puisque la multitude d'actions proposées entraineront des conséquences plus ou moins heureuses selon les choix du joueur.
Le bricoleur David Cage, sorte de Sam Raimi du jeu-vidéo, qui excelle dans l'art de détruire les sacro-saintes conventions de sa discipline pour mieux les recréer, au-delà de l'expérience ultime avérée qu'il propose, nous plonge au cœur d'un scénario singulièrement adulte, au réalisme parfois troublant, souvent dérangeant.
En effet, la frontière qui sépare le joueur de l'univers du jeu se réduit au fil de la progression, de manière habile, jusqu'à devenir infime.
Mais les faits sont là. Même si le concept de film interactif n'est plus vraiment nouveau, c'est bien la première fois qu'il réunit un nombre d'artifices scénaristiques et techniques suffisants pour piéger le joueur efficacement et durablement.
Quoi qu'il puisse faire comme choix, ce dernier ne s'en sort pas indemne. Une sorte de gueule de bois permanente, due au fait d'avoir, dans une moindre mesure, partagé les souffrances, les doutes, et tout un pan de la vie des personnages qu'il a incarné, et, en quelque sorte, d'avoir vécu de manière quasi organique dans cette troublante fausse réalité.
Si la première partie vous a déçu, attaquez directement une deuxième aventure, en évitant les écueils rencontrés lors de la première partie' Pour ma part, ma meilleure aventure, celle qui a été la plus longue et la plus forte émotionnellement a été la troisième, lorsque je suis parvenu à sauver...
Mais le mieux avec ce jeu est d'en savoir le moins possible. Car, chacun doit vivre sa propre expérience.
Bon voyage et surtout merci David Cage ! Dans l'espoir qu'une brèche se soit ouverte et que plus de jeux de ce type soient développés...