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4.0 étoiles sur 5
paradis perdu, 22 juillet 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sophtware Slump (CD)
Les Californiens de Grandaddy ne sont plus, et c'est dommage, car ces hippies mélancoliques ont marqué de leur empreinte le folk/rock indépendant de ces dernières années.
Après un "Under The Western Freeway" champêtre, ils sortent ce splendide "Software Slump" en 2000, et même s'il y aura encore de bons album par la suite (3 au total), avant que le groupe ne se désagrège d'un commun accord, celui-ci reste leur référence incontestable.
Entre les Flaming Lips et Neil Young, ces morceaux acoustiques ou électriques, truffés de sonorités électroniques et chantés par le leader Jason Lytle de sa voix pouvant rappeler celle de Michael Franks (une voix assez "féminine") racontent la solitude, le désespoir, la nature dévastée, le futur sans avenir...
Dommage que tout ne soit pas du même niveau que les merveilles que sont "He's Simple, He's Dumb, He's The Pilot", la première chanson de neuf minutes, grandiose, "Broken Household Appliance National Forest" et son contraste entre couplet calme et acoustique et refrain énergique et électrique, la dernière, "So You'll Aim Toward The Sky", sublime et éthérée, comme le vol de quelque oiseau majestueux au-dessus des nuages et surtout, surtout, l'avant-dernière, "Miner At The Dial-A-View"... Ma préférée, la drôle d'histoire d'un homme disparu depuis de longues années qui peut voir la maison où il a vécu avec sa femme, sa famille et ses amis grâce à un service futuriste de "vue à domicile", mais qui ne peut communiquer et qui ne reconnaît plus personne... Somptueuse chanson triste, avec un refrain superbe et entêtant (surtout chantée par une voix si douce, si délicate)...
... et qui me donne des frissons à chaque fois que je l'écoute...
Quelques titres un peu mineurs m'empêchent de mettre cinq étoiles mais après tout qui s'en soucie, puisque cet album n'a récolté que des éloges de la part de critiques unanimement dithyrambiques lors de sa sortie... Au dos du disque, une photo d'un des musiciens, un clavier portable sous le bras, qui regarde vers la nuit noire, un chapeau de cow-boy sur la tête... J'adore cette image, et ce disque à son image : un rêve qui n'existe peut-être plus mais auquel on croit quand même, car la vie c'est malgré tout l'espoir, pas dans un futur compromis sur une planète dont les ressources se tarissent lentement, mais dans des petits bonheurs, mêmes fugitifs, que l'on donne, ou que l'on prends...
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