L'un des Mankiewicz les plus vénéneux, drame psychologique à trois personnages menés par trois légendes (Elizabeth Taylor, Katharine Hepburn, Montgomery Clift, tous magistraux) pour cette adaptation de Tenessee Williams qui recouvre un nombre vertigineux de thèmes passionnants : lobotomie, folie, pédérastie, idéalisation filiale, tentations incestueuses, emprisonnement matriciel et fusionnel, recherche de la vérité cathartique, paradis perdu, cruauté de la nature, "cannibalisme" réel ou symbolique, dualisme proie/prédateur... l'une de ces œuvres inépuisables qu'on "dévore" à chaque nouvelle vision.
Plusieurs scènes inoubliables s'inscrivent durablement dans notre petit cortex : le récit du sort réservé aux bébés tortues des Galapagos voulant se réfugier dans l'eau et dévorés par les oiseaux prédateurs par une Katharine Hepburn au sommet, figeant sur la pellicule l'un des plus extraordinaires monologues de l'histoire du cinéma ; les scènes de folie collective dans l'hôpital devant une Elizabeth Taylor au bord de l'abîme ; le "soudain l'été dernier" psalmodié comme un mantra qui fera jaillir la vérité grâce au sérum ; la fin dans le jardin exotique où aura lieu la révélation et enfin le final virtuose, terrifiant de brutalité mais d'une intensité plastique et rythmique totalement envoûtante.
Scénario parfait de bout en bout, interprètes habités par leur personnage, dialogues ciselés ruisselants de perfection (bon, on est chez Mankiewicz)...
What else ?