Quand
Dark Ages fait suite, en 2005, au plébiscité
Prophecy, paru un an plus tôt, Max Cavalera fait le coup du « retour aux sources »... Comprendre là un retour au trash metal de Sepultura, qui enverrait bouler le neo-metal presque consensuel dans lequel s'était engagé depuis peu.
Si
Dark Ages s'avère en effet plus tendu, moins formaté que les précédents opus de Soulfly, il est illusoire de s'acharner à espérer voir ressurgir le vieux fantôme inquiétant Sepultura... Ceci étant, l'ouverture de cet album par le crescendo
« The Dark Ages » met tout de suite dans l'ambiance : on a là à faire à un album puissant, noir, au son lourd, aux riffs acérés plaqués contre le mur du son. Puis la voix de Max Cavalera, toujours aussi habitée, s'envole littéralement sur
« Babylon », défiant les tympans les plus aguerris. Puis
« I and I », et son intro à la Faith No More, s'écarte du rationnel et pousse les BPM au taquet. Hormis ces déluges de puissance, on notera, comme sur chaque album de Soulfly les appétences du groupe brésilien pour les musiques traditionnelles locales, avec notamment le subtil et très plaisant
« Riotstarter ».
Alors que Max Cavalera traverse à nouveau une passe très difficile au moment de la sortie de ce disque (il perd tragiquement un ami, tué par balles lors d'un concert ainsi que son petit fils âgé de huit mois, qui décède de complications médicales ), le musicien, ou plutôt l'artiste total qu'est Max Cavalera ne rate pas son rendez-vous musical :
Dark Ages, l'album sans doute le plus « sepulturien » de Soulfly, convainc aisément, séduit par son intégrité et sa cohérence jusqu'au-boutiste.
Arnaud De Vaubicourt - Copyright 2012 Music Story