."Souljacker" est donc le nom de ce nouvel opus ,qui s’annonçait ,à entendre les rumeurs ,plus rock. Mais le premier choc ne vint pas de la musique mais plutôt de la pochette de l'album. On y voit en effet un Mr E méconnaissable en barbu hirsute, tenant dans ses bras un petit chient. On aurait bien imaginé une telle image en affiche de film mais pas en pochette d'album, et encore moins celui de Eels. En effet le groupe nous avait habitué à des pochettes plus "enfantines" et disons-le , plus jolies . E dévoile ainsi ouvertement ses intentions. Il veut changer de cap musical ,ce que pourtant E s'était déjà attelé a faire durant ses 3 précédents albums. Cependant ici ,le changement a l'air encore plus radicale (à l'image de la pochette) et l'écoute des premières notes de "Dog faced boy" (morceau d'ouverture) ne nous contredirons pas. Autant le dire tout de suite on peine à reconnaître Eels, ayant même plutôt tendance à penser à un PJ Harvey (l'aide de J.Parish se fait ainsi sentir… ) seule la voix de E nous rassures, en partie du moins. Alors que les chansons défilent, trop rapidement d'ailleur , E étant toujours fidèle au fait que ses chansons soit concises, on à encore du mal à retrouver Eels. L'influence de Beck n'a jamais été aussi flagrante(" Teenage witch","Jungle telegraph"). Même le fait que les chansons se suivent et ne se ressemblent pas, devient ici un défaut. L'album souffre d'un manque de liant évident, on aurait en effet beaucoup de mal à donner une couleur précise à cet album ,ce qui est d'autant plus frustrant que les chansons de l'albums sont (quasiment) toutes excellentes. Chaque chanson à son caractère ,du trip-pop rêveur d'un "bus stop boxer",en passant par l’énergique "That's not really funny" ou le déjà classique "Woman driving,man sleeping" (rappelant les premières productions de E). C'est alors que l'on redécouvre enfin, la légendaire poésie de E lors d'un entêtant et non moins superbe "Fresh feeling" ou lors du touchant « Souljacker part 2 » . Même si l'album reste profondément sombre, E apparait plus radieux que jamais et cela s’entends pour la première fois sur album, il s’amuse enfin (« Souljacker part1 »). Effectivement que ce soit sur les guitares débordantes et ultra saturées de « What is this note ? »,ou les notes limpides d’un « Frendly ghost » ,E reste inventif et émouvant. La qualité des titres n'est donc pas à mettre en cause, mais il manque tout de même quelque chose à cet album pour ne pas décevoir. « Souljacker » risque donc de dérouter certains fans ,mais aussi de ralier à sa cause de nouveaux adeptes. Eels est entré dans une nouvelle phase , laissons leur simplement le temps de s’adapter ,le meilleur est assurément à avenir.