Enregistré à Santa Barbara et New York, le nouvel (et douzième) album de Depeche Mode, inaugurant la collaboration du combo avec un nouveau label distributeur, et emballé dans un conditionnement austère de bâtonnets de couleur répartis autour et sur un cercle noir, revendique l’utilisation de synthétiseurs vintage, ancestrales boîtes à rythmes, et autres machines de studio antédiluviennes, ce afin de développer le son
rétro-futuriste voulu pour le successeur de
Playing the Angel (2005).
Les chansons sont composées par Dave Gahan et Martin Gore (avec une nette prédominance pour ce dernier, qui signe dix thèmes), et l’album est produit par Ben Hillier, qu’on a connu aux côtés de Blur et Doves, mais qui avait déjà produit le précédent effort des Britanniques. Depeche Mode se met en ordre d’une marche gorgée d’électronique jusqu’au moindre couplet pour le titre exploité en single – quarante-sixième dans le catalogue du groupe - (
« Wrong »), plonge dans le modernisme électronique dans l’anxiogène
« Hole To Feed », convainc dans le créneau de la ballade pour lounge bar de fin de journée (
« Jezebel », dont le chant principal est assuré par Gore), et goûte aux joies de l’hymne pour heroic fantasy avec
« In Chains », lamentation brutalisée par des bruits parasites, et autres guitares saturées, en ouverture.
« Peace », dont le refrain s’apprête à être repris par toutes les audiences extatiques de la planète, est interprété en duo par Gore et Gahan.
« Fragile Tension », fidèle à son intitulé, décline la sophistication gracile de Depeche Mode, alors que
« Little Soul » brinquebale un rythme décalé, en manifeste réminiscence de l’innocence enfantine.
« In Sympathy » permet une nouvelle incursion dans une pop adulte pointilliste, que Gahan visite du fond de la gorge, et
« Come Back » gronde de la mélancolie de sentiments enfuis.
Si
« Miles Away/The Truth Is » durcit le tempo, pour un résultat qu’on imagine dévastateur sur les dance-floors,
« Perfect » et
« Corrupt » (qui clôt le programme, et est complété, en titre caché, par quelques mesures d’arpèges au clavier) retrouvent un spleen en marque générique de l’entièreté du disque. Au mitan de la pop la plus séductrice, et de l’avant-garde la plus audacieuse, se tient de nouveau Depeche Mode, impérial.
Les douze chansons (et un instrumental,
« Spacewalker ») du programme de base sont complétées par des demos, anciennes ou récentes (certaines datent de l’album
Music for the Masses), qui alimentent, à l’instar d’un dvd, l’édition luxe de
Sounds…La tournée qui accompagne l’album s’intitule
Tour of the Universe, et permettra de compléter la liste de plus de mille concerts revendiquée par le groupe depuis ses débuts.
Christian Larrède - Copyright 2013 Music Story