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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Bernanos, celui qui rend visible l'invisible...,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sous le soleil de Satan (Poche)
Lorsqu'il parut en 1926, le premier roman de Bernanos fit l'effet d'un coup de tonnerre dans la société de l'époque, surtout préoccupée d'oublier les horreurs de la guerre. L'écrivain voulait produire un électrochoc pour réveiller les consciences amollies de ses contemporains...Le jeune abbé Donissan vient d'être nommé vicaire à Campagne, un village de l'Artois. Ce fils de paysans, d'une force physique impressionnante et peu doué pour les études, n'en est pas moins capable de lire au tréfonds de l'âme de ses paroissiens. Méprisé par la hiérarchie ecclésiastique, il n'est compris que par son supérieur direct, l'abbé Menou-Segrais, vieil homme à la puissante stature spirituelle, qui seul devine les dons surnaturels du jeune prêtre et son exceptionnelle vocation à la sainteté. L'une des ouailles de Donissan est une fière adolescente rebelle, surnommée Mouchette, fille d'un brasseur aisé. Séduite par le marquis de Cadigan, elle en tombe enceinte. Lorsqu'elle comprend que son amant s'est moqué d'elle, elle le tue d'un coup de fusil. Recueillie par le docteur Gallet, homme marié dont elle devient la maîtresse, elle finit par mettre au monde un enfant mort-né... Une nuit, l'abbé Donissan est visité par Satan, sous les traits d'un maquignon. Au petit matin, le prêtre rencontre Mouchette. Lisant en elle, il cherche à l'arracher à la damnation éternelle. Désespérée par la révélation de la noirceur abyssale de son âme, la jeune fille se suicide. Bouleversé, Donissan dépose le corps de Mouchette devant l'église, scandale qui vaudra à l'abbé d'être exilé par sa hiérarchie dans un monastère, pendant cinq ans... Dans une langue d'une crépusculaire splendeur, Bernanos explore, avec une clairvoyance hors du commun, les moindres recoins de notre être où se livrent combat des forces antagonistes dont nous ne soupçonnons pas la réalité. Même si le bien et le mal finissent par être clairement identifiés, le mal n'en perd pas pour autant son mystérieux pouvoir d'attraction. « Le mal, comme le bien - dit encore l'abbé Menou-Segrais - est aimé pour lui-même, et servi ». Certes, Donissan doit subir les assauts de son ennemi mortel, le Diable en personne, mais il lui est donné aussi de voir les soutiens discrets que Dieu met sur son chemin par la rencontre d'humbles gens. Ainsi, juste après l'épisode du maquignon démoniaque, Donissan retrouve son chemin grâce à un modeste paysan à la lumineuse sainteté cachée, soudain révélée... Si le Diable apparaît très présent tout au long de ce sombre récit, c'est que, face à ce prêtre invincible, il se trouve finalement réduit à s'agiter désespérément pour se donner à lui-même l'illusion d'exister... Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5
"L'exorciste"... à la française!,
Par Nastasia Buergo (c'est fini) "découragée par ... (désormais sur www.babelio.com/monprofil.php?id_user=46049) - Voir tous mes commentaires (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR) (TOP 50 COMMENTATEURS)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sous le soleil de Satan (Broché)
Peut-être suis-je passée totalement à côté de cette ½uvre, peut-être mon avis ne vaut-il que tripette, aussi me bornerai-je à ne livrer que mes impressions de lecture, pour lesquelles, je puis tout de même formuler quelques certitudes. Je me suis littéralement engluée dans cette lecture pro-religieuse, pas motivante, pas transcendante, pas aussi subtile à mon goût que certains avis me l'avait laissé espérer. Voici une brève description de la structure du roman: trois parties très distinctes 1) un assez long prologue, étrange mais plutôt tonique, qui retrace l'histoire houleuse d'une jeune fille de seize ans, Germaine Malhorty, surnommée Mouchette. Mouchette, fille d'une famille de notables du nord de la France en fin de XIXè ou au tout début du XXème siècle, découche et s'attire des ennuis auprès des siens. Son impulsivité et son non-conformisme qui confine parfois à la folie lui font commettre de nombreux impairs. 2) une "première" partie, contemporaine du prologue, où l'on fait connaissance avec le personnage principal du roman, l'abbé Donissan, présenté comme une force de la nature mais excessivement gauche, timide et de faible intelligence. Les quatre chapitres de cette partie m'ont parus interminables. L'auteur force le trait à n'en plus finir sur le caractère soumis (vis-à-vis de sa hiérarchie cléricale), obtus, borné, ultra spartiate de l'abbé et ses incalculables auto-flagellations (au propre comme au figuré). Bref, c'est du lourd et pour la finesse, je la cherche encore et que dire de cette rencontre avec Satan lui-même, passage d'un pathétique à donner envie de refermer le livre pour ne plus jamais le rouvrir. Donc, notre brave pâte d'abbé a vu Satan dans le blanc des yeux et arrive même maintenant à lire dans le fond des âmes comme dans son bréviaire afin de les délivrer de leur multiples péchés et tentations du mal. C'est ainsi que sa route croise celle de Mouchette, à laquelle il va faire toucher du doigt tout le côté obscur de sa conduite et la plonger dans le repentir, chose qui n'était pas son fort auparavant. Je vous laisse le bonheur de découvrir les détails si le courage vous prend de vous engager dans cette lecture. 3) enfin, une dernière partie faite de quinze très minces chapitres, situés environ quarante ans plus tard, avec l'abbé Donissan au crépuscule de sa vie, avec un épais passé d'exorciste et de saint local, désormais en proie au doute vis-à-vis du salut en général et du sien en particulier, très affaibli, et toujours aiguillonné par l'odieux Satan. Pour faire court, le ministre du mal arrivera-t-il à faire ployer le saint homme? C'est ce que vous saurez si vous lisez le livre, mais très sincèrement, si vous ne le savez pas, peut-être n'est-ce pas si grave que cela, car ce n'est vraiment pas une lecture que je conseille, sauf à titre de curiosité, pour les esprits un peu torturés comme le mien, ou mieux, pour les vrais insomniaques qui ont besoin de meubler leurs nuits sans sommeil avec toutes sortes de lectures. Que penser encore de l'intercession aussi inutile qu'inintéressante du personnage d'Antoine Saint-Marin, écrivain renommé, lui aussi au soir de sa vie, une vie faite quant à elle de jouissance et d'égoïsme, venu en « pèlerinage » dans la petite église de l'abbé Donissan à titre de curiosité et qui y trouvera finalement « la grâce »... Je ne peux pas non plus m'extasier sur le style, pas désagréable dans l'ensemble mais pas franchement non plus à tomber à la renverse et qui se complique parfois d'une fâcheuse tendance à l'intrication, voire à l'obscur, quand il ne fait pas purement et simplement dans l'abscons. Impressions de lecture, comme vous l'aurez deviné, sans appel, mais j'en finirai pourtant en vous livrant quelques passages qui ont un peu retenu mon attention positivement en cours de route:"Chacun de nous -ah! puissiez-vous retenir ces paroles d'un vieil ami!- est tour à tour, de quelque manière, un criminel ou un saint, tantôt porté vers le bien, non par une judicieuse approximation de ses avantages, mais clairement et singulièrement par un élan de tout l'être, une effusion d'amour qui fait de la souffrance et du renoncement l'objet même du désir, tantôt tourmenté du goût mystérieux de l'avilissement, de la délectation au goût de cendre, le vertige de l'animalité, son incompréhensible nostalgie. Hé! Qu'importe l'expérience accumulée depuis des siècles, de la vie morale. Qu'importe l'exemple de tant de misérables pécheurs, et de leur détresse! Oui, mon enfant, souvenez-vous. Le mal, comme le bien, est aimé pour lui-même, et servi." "J'ai connu trop d'âmes, Sabiroux, j'ai trop entendu la parole humaine, quand elle ne sert plus à déguiser la honte, mais à l'exprimer; prise à sa source, pompée comme le sang d'une blessure. Moi aussi, j'ai cru pouvoir lutter, sinon vaincre. Au début de notre vie sacerdotale nous nous faisons du pécheur une idée si singulière, si généreuse. Révolte, blasphème, sacrilège, cela a sa grandeur sauvage, c'est une bête qu'on va dompter... Dompter le pécheur! ô la ridicule pensée! Dompter la faiblesse et la lâcheté mêmes! Qui ne se lasserait de soulever une masse inerte? Tous les mêmes! Dans l'effusion de l'aveu, dans l'élargissement du pardon, menteurs encore et toujours!" "Pourquoi pas? Dans la confession, l'expérience du péché est-elle jamais complète? N'y a-t-il pas, dans la honte et dans l'aveu, même incomplet, déloyal, une sensation âpre et forte qui ressemble au remords, un remède un peu rude et singulier à l'affadissement du vice? Et d'ailleurs les maniaques de la libre pensée sont bien sots de dédaigner à l'église une méthode de psychothérapie qu'ils jugent excellente et nouvelle chez un neurologiste de renom. Ce professeur, dans sa clinique, fait-il autre chose qu'un simple prêtre au confessionnal: provoquer, déclencher la confidence pour suggestionner ensuite, à loisir, un malade apaisé, détendu? Combien de choses pourrissent dans le c½ur, dont le seul effort délivre!" Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
10 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Troublante oeuvre,
Par Latour07 (Paris, France) - Voir tous mes commentaires (#1 CRITIQUE au Tableau d'HONNEUR) (TOP 500 COMMENTATEURS) (TESTEURS)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sous le soleil de Satan (Poche)
Quel chef d'oeuvre que cet ouvrage, premier roman publié par Bernanos en 1926. Les personnages de l'abbé Donissan, jeune prêtre tourmenté dans sa chair et de la jeune fille Mouchette, jeune fille broyée par le mal sont sous très grande tension. Mouchette,ayant tué son amant, se confie au prêtre. Le jugement que ce dernier porte sur cette jeune fille exaltée par la souffrance la conduit au suicide. Un soir, sur une route de campagne, il croise un maquignon dans lequel il reconnaît Satan. Nommé curé de Lumbes, il est considéré comme un saint par ses paroissiens et, en échange du salut de son âme, accomplit un miracle. Peu après, il est retrouvé mort dans le confessionnal.Roman sombre. La détresse est présente à chaque page. La tentation est le fil conducteur. Bernanos paraît parfois comme hypnotisé par le diable. Des passages de grande poésie, à la sensibilité à fleur de peau, je cite : "Tel s'applique à suivre pas à pas, dans un capricieux détour, la passion, plus forte et plus insaisissable que l'éclair, qui se flatte d'être un observateur attentif, et ne connaît d'autrui, dans son miroir, que sa pauvre grimace solitaire !" Bernanos nous révèle ce qu'il entend par l'entreprise dans le coeur de l'homme du soleil de Satan : "(...) mais, dans son coeur candide et têtu, l'autre concupiscence s'éveille, ce délire de la connaissance qui perdit la mère des hommes, droite et pensive, au seuil du Bien et du Mal. Connaître pour détruire, et renouveler dans la destruction sa connaissance et son désir - ô soleil de Satan !- désir du néant recherché pour lui-même, abominable effusion du coeur !" Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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