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4.0 étoiles sur 5
Historique, malgré une piètre qualité d'image, 23 février 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Spartacus (DVD)
« Spartacus », créé en 1968, est une des plus meilleures chorégraphies de la seconde moitié du vingtième siècle : musique puissante, histoire solide, chorégraphie inspirée. C'est aussi une des grandes spécialités du Bolchoï, et la chorégraphie de Yuri Grigorovitch a déjà été filmée cinq fois. Cette version de 1970 est la première, en quelque sorte la version originale, avec les interprètes de la création.
L'image en noir et blanc de la télévision soviétique est d'une définition médiocre. Conscient de ces limites, le réalisateur utilise largement les plans moyens, plutôt que des plans d'ensemble où les danseurs seraient trop indistincts. On voit donc assez bien les danseurs, mais rarement tous ensemble. C'est là le principal défaut d'un spectacle sinon exceptionnel par son intensité. L'orchestre (malgré la médiocrité de l'enregistrement) est totalement survolté, de même que les danseurs. Le corps de ballet n'est pas toujours très en rythme, mais il est pris dans le mouvement général, et livre une prestation engagée et sincère.
Le rôle écrasant de Spartacus ne peut pas être tenu que par un danseur d'exception, et Vladimir Vasiliev, Irek Moukahmedov ou Carlos Acosta y ont tous été excellents. Mais Vasiliev est excellentissime, dans un rôle qu'il a créé et taillé à sa mesure. Il est le plus noble, le plus brillant, le plus expressif et le plus engagé des Spartacus. Il livre ici une performance incroyable dont on comprend bien qu'elle galvanise toute la troupe. Face à lui, Maris Liepa est le meilleur Crassus qui fut jamais : très puissant et viril, il ne soucie pas des détails pour se concentrer sur son interprétation, vigoureuse et dramatique.
Dans le rôle très moderne de Phrygie, Ekaterina Maximova n'est pas aussi à l'aise que la jeune Nina Kaptsova dans la récente version avec Carlos Acosta, car sa formation est purement classique. Cela étant, elle compose un personnage très émouvant, et les deux célèbres pas de deux sont des morceaux d'anthologie, dont les portés acrobatiques écrivaient une nouvelle page de l'histoire de la danse. Ces merveilleux moments sont illuminés par l'amour réel qui unit les deux partenaires (époux à la ville), et qui inonde littéralement le plateau.
Ma seule réserve concerne l'Égine de Nina Timofeyeva. Même si elle créa le rôle et est techniquement à la hauteur, son jeu manque d'intensité dramatique, et elle ne semble pas très perverse. (Elle me semble nettement inférieure à Maria Bilova dans la deuxième version d'Irek Moukhamedov).
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