Ce recueil regroupe les cinq épisodes de la mini-série réalisée en 2011 par le scénariste Zeb Wells et l'illustrateur Clayton Crain.
Cette histoire nous conte le retour de "Carnage", un des pires ennemis de Spiderman. Elle fait référence à
Maximum Carnage, une saga des années 90, dans le sens où elle reprend certains des personnages, et il est conseillé d'avoir lu
The New Avengers, Tome 3 : Révolution si l'on veut savoir pourquoi Carnage avait disparu de la circulation.
Pour ceux qui l'ignorent, ce personnage est le "fils" de "Venom" et le "père" de "Toxin". Ils forment ensemble la famille des "symbiotes", des matières organiques d'origine extraterrestre intelligentes qui doivent fusionner avec le corps d'un être vivant pour subsister. Cependant, seul carnage officie dans les pages de ce récit...
Au cours de ces épisodes, vous assisterez donc au retour de méchant Carnage, qui va tenir la dragée haute à Spiderman et Iron man, unis pour le combattre.
Le récit développe une histoire à base de manigances industrielles visant à créer une technologie de pointe afin de développer un armement bio-machin-truc-chouette sur les restes du symbiote ramené de l'espace ! Et c'est l'occasion pour les auteurs de s'inspirer de la saga
Alien, dans la mesure où des hommes mal intentionnés pensent pouvoir utiliser un extraterrestre belliqueux à des fins pécuniaires particulièrement risquées. Evidemment, tout va partir en vrille et l'on aura même droit à l'avènement d'un nouveau symbiote, certainement à l'origine du titre !
Le scénario de Zeb Wells, un habitué de l'univers de Spiderman, se focalise nettement plus sur les bastons entre Spidey, "Tête de fer" et les divers super-vilains que sur le background psychologique et science-fictionnel. Du coup, on reste sur du mainstream de base. De plus, il s'agit d'une histoire plutôt noyée dans la continuité, que je déconseillerais donc aux néophytes.
Pour ceux qui désirent lire du défouloir bien troussé, c'est très bien. Mais pour qui veut gratter dans la toile de fond, c'est peut-être un peu léger.
En réalité, Wells s'intéresse beaucoup à la psychologie du "Dr Nieves", une psychiatre assaillie par le méchant symbiote. Mais dès que le scénariste commence à fouiller cette dimension introspective, il retombe systématiquement dans la bastonnade, parasitant ses propres tentatives d'élever le débat.
La principale réussite de l'entreprise se résume dans l'ambiance glauque et étouffante que les auteurs ont empruntée à la saga cinématographique initiée par Ridley Scott. Le lecteur doit ainsi s'attendre à une plongée en apnée dans les méandres symbiotiques et cauchemardesques de "Mr Carnage"...
Les illustrations de Clayton Crain remportent évidemment le pompon. Elles sont splendides, même si le bonhomme se révèle ici un peu plus paresseux qu'à son habitude, en minimisant les détails (les personnages se découpent souvent sur un fond flou, voire un fond blanc !), préférant capter une certaine atmosphère. Pour le coup, cette atmosphère correspond parfaitement au sujet, marchant sur les traces du célèbre Giger, le créateur visuel d'Alien (version ciné), en captant une ambiance glauque et visqueuse, parfois gore et nauséeuse.
En conclusion, voilà du mainstream noyé dans la continuité, bien écrit, superbement mis en image, lourd dans l'ambiance, mais un peu léger dans le sous-texte...