Généralement on attend d'un roman policer qu'il soit policier, c'est-à-dire qu'une enquête soit ouverte, qu'une intrigue soit puissante. " Spinoza encule Hegel" est un roman policier "non policier" en réalité. Mise à part les centaines de cadavres qui sillonent les rues de toute la France, à force d'encontres de gangs, où le héros-narrateur s'enfonce dans une folie spinoziste, où celui-ci se retrouve "seul au monde" et se venge... On prend l'habitude de Jean-Bernard Pouy, qui notamment a écrit La Belle de Fontenay; Larchmütz; Le Poulpe, qui est un auteur inclassable, inventeur de génie de constructions romanesques rigoureuses, et à la fois tendres et féroces, passionantes et dôles. Le thème de ce live est, je dirais, la rue elle-même avec tous ses gangs, telle aux Etats-Unis dans les films américains, où tout n'est que VENGEANCE... "Quelle sera ma vengeance? [...] Une vengeance longue mais sûre, humaine et spiritualiste, tacticienne, spinoziste. j'y mettrais le temps, mais mon corps d'homme, ma beauté intrinsèque parviendront à en charmer une." Telles ces 6 lignes de l'avant-fin du roman nous dévoile tout le reste... Cette fin produit un effet de non terminé...on attend une suite, un retour de Spinoza. Quelques notions philosophiques, littéraires apparaissent mais laisent le plus souvet place au vocabulaire de la rue, assez grossier. (Notons déjà le titre!) "Julius, Spinoza de mes fesses, Carlo Ponti te pisse dessus. Bois!". D'accord, ceci insère un cetain effet comique mais delà à en abuser...
Ce livre a remporté le Prix Polar en 1989, le Trophe 813 du meilleur roman en 1992 et le Prix Paul-Féval; on espère donc à un chef-d'oeuvre...mas on s'y trompe... comme on dit si bien "Les Apparences Sont Trompeuses". Et moi, j'ai été trompée. Ce n'est pas le fait de déplaire...chacun a des goûts différents, mais c'est celui de ne pas comprendre, on jongle sans cesse entre différents gangs, villes, actions... on s'y perd... Autant se dire que la fin n'est pas melleure...il y manque (peut-être?) un morceau! Rêverie ou paradoxie? A vous de voir...moi, en tout cas...on ne m'y trompera plus!
Amicalement,
Aurélie