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5.0 étoiles sur 5
Spirou sauce Cyberpunk, 14 juillet 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Spirou et Fantasio, tome 46 : La Machine qui rêve (Cartonné)
Tome et Janry ont sans doute été les meilleurs dessinateurs de la série des Spirou depuis Franquin! Fournier avait livré quelques copies sympathiques, Raoul et Cauvin des épisodes sans grand intérêt. Pour leur dernier album, les auteurs de Soda décident de livrer un exemplaire qui fit date dans l'histoire du groom : Machine qui Rêve, sorte de polar/S-F au frontières du genre Cyberpunk.
Bien loin des traditionnelles aventures à caractère humoristique et chatoyant, les auteurs choisissent cette fois-ci de conférer à cet album une ambiance beaucoup plus sombre, froide et glauque. Une mystérieuse affaire de clonage, un groupe pharmaceutique aux méthodes douteuses, Machine qui rêve prend le taureau par les cornes en plongeant le groom le plus célèbre du monde dans une aventure brutale, sinistre et audacieuse.
Les auteurs ne se contente pas de travailler seulement le scénario. L'atmosphère est ici sublimée par des tons de couleurs génialement choisis et la noirceur du scénario est renforcée par la couleur noire des bordures et espaces blancs des pages. Cette noirceur s'exprime également dans les situations mais aussi le style graphique adopté. Le design des personnages est moins cartoonesque, plus adulte. Spirou n'est pas sans évoquer son alter-ego policier New-Yorkais Soda et le sang n'hésite pas à couler. Le scénario enfin reste relativement inaccessible à une catégorie de lecteurs puisque mettant en avant les dérives du clonage et des industries de la santé. Enfin la fantaisie originelle des Spirou, l'humour et le côté comico-fantastique font place à un réalisme froid. A la trappe donc les inventions farfelues et impossibles genre Zorglondes ou appareils à base de champignons.
Il en résulte de ce fait un album exceptionnel par son scénario, redoutable par le style qu'il emprunte et unique en son genre dans la saga. Ce qui peut pour beaucoup de fans constituer une trahison dans l'univers du personnage. Il faut prendre cependant ce Spirou non pas comme un livre qui se veut une continuité de la saga originelle mais plus comme un genre de coup d'essai, un exercice de style testamentaire de la part des deux auteurs qui après cet album se sont concentrés sur le Petit Spirou. Machine qui Rêve est la traduction de la fin d'une époque. Et les auteurs ont donc décidé de se lâcher, n'ayant désormais plus rien à perdre, et de livrer le premier Spirou sauce Cyberpunk, un Spirou brutal, noir et adulte qui sera hélas le seul du lot. Justifié évidemment le retour par la suite à un Spirou plus traditionnel, plus humoristique et fantaisiste car c'est là la base de l'univers du personnage. Mais les albums suivront sans pourtant se démarquer au sein de la série jusqu'à ce que le réalisme et la brutalité reviennent dans les deux épisodes "Journal d'un Ingénu" et "le groom Vert-de-gris" sous fond de Seconde Guerre Mondiale et d'occupation Nazie.
J'ai personnellement profondément aimé cet album. Je reste évidemment convaincu que la base d'un Spirou reste l'humour et la fantaisie mais il faut savoir donner sa chance à des auteurs qui veulent tenter un coup d'essai de ce genre et prendre ce livre tel qu'il est et non pas en tant que tome au sein d'une saga. En essayant d'ouvrir son esprit et en prenant en considération ce côté "spin-off", on parvient à trouver des qualités à cet album. Grand fan de Cyberpunk et d'ambiances sombres, ce Spirou a constitué pour moi une sacré bonne surprise. Tome & Janry restent à mes yeux les meilleurs papas de Spirou avec Franquin et avec cet album ils nous prouvent qu'ils peuvent briller dans tous les domaines possibles.
Un grand album que l'on détestera ou que l'on aimera mais qui marquera la saga malgré tout. Pour ma part j'ai adoré.
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5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Un album de qualité, 11 juillet 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : Spirou et Fantasio, tome 46 : La Machine qui rêve (Cartonné)
Ayant tiré à boulets rouges sur le virage opéré par les auteurs, Tome & Janry, au moment de la prépublication de «Machine qui rêve» dans le journal de Spirou, je dois me raviser aujourd'hui. Le pari audacieux a été gagné, mais le bel élan a été stoppé net, pour être remplacé par de bien fades essais (Morvan & Munuera). Un album bien singulier, à lire absolument!
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2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Incompréhension, 5 juillet 2007
Ce commentaire fait référence à cette édition : Spirou et Fantasio, tome 46 : La Machine qui rêve (Cartonné)
Difficile de reprendre une série marquée par des génies que furent Franquin et Fournier. Tome et Janry nous livre là leur dernier album après 14 épisodes (tomes 33 à 45) et c'est sans conteste, le plus osé, le plus passionnant, le plus digne des créateurs de la série. Et c'est maintenant que Tome et Janry quitte le navire....Dommage!
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