On a parfois l'impression d'écouter dans ce Stadtkind la house du début des années nonante, avec ce rythme marqué par deux ou trois sons disco teintés de rouge et jaune fluo, le tout encensant le dieu ordinateur, que l'on retrouve à travers des paroles agrémentées de « Data », « Computer ». On y trouve enfin l'incontournable vocodeur pour transformer la voix en technicolor numérisé. Nous sommes pourtant en 2001 quand ce disque apparaît, avec aux commandes une femme étrangement dénommée Ellen Allien. La surprise de son Stadtkind, c'est de proposer une musique fluide et terriblement sensuelle. Une recette qui constitue d'ailleurs l'essentiel de ce qui fera d'Ellen Allien une des plus grandes élektroniciennes des années 2000. « Wolken Ziehe », « Data Romance », etc... sont aussi simples qu'efficaces, et sont l'évidence de ce que se prétend la house : sensuelle et fluide. Car tout coule de source dans Statdkind. Plus qu'un premier album, c'est surtout un disque plus efficace que les démonstrations d'un savoir-faire musical sans âme. La simplicité a bons nombres de vertus, Ellen l'a compris et met les choses au point. Bravo.